Une vie d'orchestre ce n'est pas seulement un soir de votre vie, c'est aussi plein de petits moments... que nous avons voulu partager avec vous

La tournée en Grèce avec 11 enfants - en images !


Dans le cadre du partenariat que l’Orchestre de Paris a noué avec la Fondation La Vie au Grand Air, onze enfants de la Maison de l’enfance de Verrières-le-Buisson ont pris part à la tournée à Athènes du 25 au 28 février dernier. Parrainés par des musiciens de l’Orchestre, ils ont pu avoir une vision privilégiée de la vie de l’Orchestre, sur scène aux répétitions, en coulisse ou le soir au concert.

Ce projet a été rendu possible grâce au soutien de M. et Mme Arnaud Grémont, M. et Mme Adrien Nimhauser, membres particuliers du Cercle de l’Orchestre de Paris, de M. Jacques Lavielle et  de M. et Mme Patrick Odier.

Zeus a-t-il vraiment existé ?

Samedi 27 février

Après une nuit relativement courte, le réveil s’est avéré difficile pour la plupart des enfants. Surtout pour Jessica qui n’a eu que le temps de poser la tête sur l’oreiller “quand je me suis couchée, j’ai eu l’impression que je n’ai pas eu le temps de dormir et que c’était déjà le matin“.

Ce samedi, nous faisons connaissance avec Mania Fertakis qui sera notre guide pour visiter l’Acropole et son musée. Elle vient nous chercher à l’hôtel et nous la suivons, chacun avec son pique-nique.
La visite de l’Acropole plaît beaucoup aux enfants, heureux de bouger et de profiter du plein air. Mania les emmène dans un monde imaginaire peuplé de dieux, de déesses et d’histoires comme on n’en raconte plus aujourd’hui. Une question taraude Samuel. Mania va-t-elle l’aider à y voir plus clair lorsqu’il demande à haute voix ce que chacun se demande tout bas : Zeus a-t-il vraiment existé ?
La réponse de Mania est bien mystérieuse “la mythologie raconte des histoires. Mais dans chaque histoire qu’elle raconte il y a des histoires vraies ; il y a un auteur français, Jean Cocteau qui a dit, à peu près en ces mots, que dans la mythologie il y a toujours un fond de vérité alors que dans l’Histoire il y a des choses qui ne le sont pas, moralité il faut toujours avoir confiance en la mythologie, beaucoup plus qu’en l’Histoire“.

La promenade contée est ponctuée de photos de groupes. Après une pause déjeuner, c’est la visite du musée archéologique au pied de l’Acropole.
Les enfants continuent leur exploration de l’Olympe et révisent quelques notions d’histoire de l’art et de littérature. Différents sujets sont abordés avec Mania : l’inauguration traditionnelle du musée avec le sacrifice d’oiseaux à l’entrée de la première salle, les origines du théâtre et de la tragédie grecque grâce à Dionysos, le sourire archaïque, le sphinx et sa devinette (qu’est-ce qui marche sur 4 pieds le matin, 2 pieds à midi et 3 pieds le soir) qui permit à Œdipe de sauver Thèbes. Devinette que connaissaient les enfants, ravis d’y répondre en chœur.
Un passage à la boutique du musée et direction l’hôtel pour une sieste obligatoire : pas question de s’endormir au concert ce soir !

A 19h30, les enfants retrouvent Georgio, leur chauffeur attitré, qui les emmène pour la seconde fois au Megaron. Le programme de la soirée, ils l’attendent avec impatience, surtout le 3ème mouvement de la Symphonie n°1 de Mahler car cela fait plusieurs semaines qu’ils jouent en pizz et avec l’archet le thème de “frère Jacques”. Lorsque celui-ci apparaît d’abord à la contrebasse, les visages s’éclairent et les enfants sont tout sourire !

A l’issue du concert, chaque enfant reçoit un carton d’invitation pour le cocktail organisé par Monsieur l’Ambassadeur. Une nouvelle occasion de saluer le Maestro Eschenbach qui signe volontiers des autographes et participe aux photos de groupe !
Des images qui vont nourrir de beaux rêves cette dernière nuit à Athènes !

Un vendredi Marathon à Athènes

Vendredi 26 février
Un vendredi Marathon où les enfants ont vécu trois journées en une !

9h30, nous sommes les premiers au Megaron pour assister à la répétition de l’orchestre. Les enfants envahissent le plateau avant l’arrivée des musiciens et testent la salle : Toufik dans le rôle du chef d’orchestre, dirige un orchestre imaginaire ; très vite il est rejoint par le reste des enfants qui prennent place sur les chaises des musiciens et font semblant de jouer quelque fameuse symphonie (celle qui rappelle étrangement l’air de Frère Jacques). Johnny teste le pupitre des cordes avant de s’essayer aux timbales. Mais finalement, le plus drôle c’est de courir à toute vitesse entre les allées dans la salle ! Après cette entrée en matière plutôt dynamique, les musiciens arrivent ! Les parrains et marraines viennent saluer leurs filleuls et leur proposent de passer la répétition à côté d’eux sur scène ! Les regards des enfants brillent de plaisir !
Dans la salle, d’autres élèves arrivent : ce sont des collégiens et lycéens de Pallini. Ils sont élèves au Lycée musical expérimental et viennent écouter eux aussi la répétition avant de nous emmener découvrir leur école.
Le Maestro arrive, salue les enfants et la répétition démarre.

 À la pause, les enfants partent pour Pallini. Basil Antonopoulos, directeur adjoint du lycée musical et une de ses élèves, Myrto, qui parle parfaitement français voyagent dans le minibus pour guider notre chauffeur.
1h de route avant d’être accueillis par des élèves qui nous attendent dans la cour de récréation (qui n’est rien d’autre qu’un théâtre antique !) avec quelques mots de bienvenue et une corbeille de bonbons.
Les enfants s’installent dans la bibliothèque pour discuter et prennent une collation qui est plus que bienvenue. Basile les emmène ensuite dans le magnifique auditorium de l’école pour assister à un concert de musique traditionnel grec que les élèves et leurs professeurs préparent depuis une semaine. 1h de concert, 1 h de voyage avec des musiques de Macédoine, du Péloponèse, d’Epire (région en Grèce du Nord), ou d’Asie mineure…
Basile anime le concert en présentant les différents instruments traditionnels et en expliquant les différentes pièces jouées, dansées ou chantées. Les enfants découvrent le luth de Constantinople, la tambura, le luth de Crète, le toubeliki (une sorte de darbouka), le Kanonaki, la lyre, deux sortes de flûtes tels que le cavali et le ney, le senturi (une sorte de cymbalum) etc.

Le concert est un enchantement ! Des airs de danses très entraînants succèdent à des passages plus mélancoliques, la clarinette d’abord virtuose, joue une mélodie ensorcelante ; tous les regards sont rivés sur cet instrument qui après un air entraînant, enchaîne sur une mélodie répétitive. Basile nous rappelle que la clarinette est un instrument caractéristique d’Epire, région située de l’autre côté de la mer Egée.
Le concert terminé, les enfants, affamés, s’installent à la cantine. Des élèves grecs se joignent à eux ; ils apprennent le français et ont envie d’échanger. Un repas animé où on parle encore de musique et 3 jeunes élèves proposent de chanter aux enfants la chanson du film Les Choristes.

Il est déjà 15h, le chauffeur du car nous attend. Alors que nous nous préparons pour le départ, Basile arrive avec des cadeaux pour le groupe, notamment des CDs de musiques traditionnelles jouées par les élèves du lycée. Un professeur nous accompagne jusqu’au bus et donne à chaque enfant une fleur du pays.
Retour à Athènes. Un temps de repos est nécessaire avant de se préparer pour le concert. Les enfants après un copieux goûter se mettent sur leur 31 : costume 3 pièces, cravates, nœuds papillons, robes de soirées pour les filles.

19h 45, de nouveau en avance au Megaron, les enfants se dirigent vers l’entrée des artistes pour saluer leurs parrains et marraines. Les musiciens sont impressionnés par leurs tenues et les photographient à tour de bras ! Mais la musique n’est pas loin : Joëlle emmène Glenna et lui propose de jouer l’air de Frère Jacques sur la scène du Megaron.
Après quelques mots d’encouragement, les enfants se dirigent vers la salle pour écouter le concert. Là aussi tout le monde est charmé par leur tenue vestimentaire ; des gens du public viennent leur parler mais la barrière de la langue ne facilite pas toujours les échanges.
Les musiciens font leur entrée sur scène et les enfants, assis dans les premières rangées leur font signe. Mais voilà le concert qui débute avec un programme consacré à Mozart et à Beethoven.

22h30, la soirée n’est pas encore terminée. Les enfants sautent dans le bus et vont dîner au restaurant avec les musiciens. Parrains et marraines les installent à côté d’eux et des discussions animées s’engagent. Le Maestro vient les saluer, leur demande s’ils ont aimé le concert. Stevens qui dit toujours ce qu’il pense lui répond “c’était trop fort“. Le maestro comprend (100 musiciens, ça joue très très fort, surtout Beethoven !).Le chef d’orchestre est intéressé par le programme des enfants et leur conseille de bien profiter de leur visite de l’Acropole. Il leur répète à tous qu’il est très heureux de les avoir avec lui pour cette tournée.

1h 30, après cette journée bien remplie, il est temps de rentrer se coucher !

Onze enfants accompagnent l’Orchestre de Paris en Grèce

Jeudi 25 février.
RV à 8h à Roissy Charles de Gaulle.

Un peu d’angoisse quant au départ : serons-nous affectés par les grèves ? Dès 7h30 les enfants sont là, assis, impatients d’enregistrer leurs bagages et de vivre pour la plupart leur baptême de l’air. Comment s’occuper en attendant le départ ? Jessica et Samuel entreprennent de ranger leurs sacs pendant que les autres écoutent un peu de musique, discutent, commentent leur carnet de route ou glissent sur le sol marbré de la salle d’attente. On assiste à une chute spectaculaire de Laure, mais nous ne sommes pas aux JO de Vancouver et nous voulons l’emmener à Athènes entière donc nous la prions gentiment de s’asseoir. Heureusement, il est l’heure d’enregistrer, d’embarquer et de monter dans l’avion : grand soulagement, tout s’enchaîne, nous ne sommes pas concernés par les grèves et montons dans l’avion après un comique épisode au contrôle où tous les enfants portant des bottes doivent se déchausser.

Dans l’avion, tous les enfants sont dispersés et assis à côté de musiciens ou de membres de l’administration ; un moment propice pour faire connaissance. Jessica et Bryan, un peu intimidés par le vol oublient vite leur appréhension lorsque le capitaine de bord leur fait visiter la cabine de pilotage. Le voyage se déroule tranquillement, avec des commentaires du pilote qui nous informe que nous survolons Venise, la Croatie et nous donne des informations concernant la météo.

Atterrissage en douceur et nous voici dans le minibus en direction de l’hôtel où un goûter de bienvenue attend les enfants. Après une petite collation, un petit tour dans le quartier de Plakka, un dîner copieux est servi à l’hôtel. Une cuisinière grecque qui mitonnera pendant tout le séjour des plats locaux uniquement pour nous !
Le dîner se déroule calmement, les enfants, debout depuis 4h du matin sont fatigués et ne demandent pas leurs restes lorsqu’on éteint la lumière !

Christoph Eschenbach et le Quatuor Thymos en concert

La notion de Thymos ainsi qu’elle fut développée par les anciens philosophes grecs désigne l’âme (le cœur») en tant que force vitale, et plus explicitement en tant que le souffle de la vie. Des affinités partagées ont constitué les prémices du quatuor Thymos dont les membres sont tous musiciens permanents de l’Orchestre de Paris.

C’est dans le cadre du cycle de musique de chambre de l’Orchestre de Paris que nous est venue l’idée en 2002, de proposer une programmation comprenant la Suite lyrique d’Alban Berg. Nous avions tous les quatre un vif intérêt pour l’école de Vienne et cette proposition a enthousiasmé le Maestro Christoph Eschenbach, lui-même spécialiste de cette période si riche.
Cette suite lyrique qui n’est autre qu’une grande histoire d’amour, s’inscrit dans une esthétique de la passion à laquelle nous étions tous sensibles. Cette musique qui crée une grande intimité entre les musiciens et nécessite une conjugaison subtile entre le jeu individuel et l’harmonie du groupe, est aussi ardue à interpréter qu’elle est bouleversante.
Nous avons souhaité approfondir notre travail en réalisant un enregistrement. Ce dernier a été imaginé avec la mise en parallèle de deux périodes de création artistique à Vienne. Schubert et son Quatuor n° 13 (en la mineur, Rosamunde), et Berg avec la Suite lyrique, proposent en effet, à deux époques distinctes, deux chefs-d’œuvre véhiculant une même intensité amoureuse, une même violence romantique.
La version avec soprano dans le 6e mouvement de la Suite lyrique s’harmonise particulièrement avec le lied “Schliesse mir die Augen Beide” -sur un poème de Storm- pour Berg.

C’est naturellement le mot “rencontre” qui se présente à nous pour qualifier cette aventure musicale. Ce projet a pris forme touche par touche, à l’image d’une mosaïque : il y eu d’abord la rencontre des musiciens du Quatuor Thymos au sein de l’Orchestre de Paris, puis celle avec le Maestro Eschenbach, et enfin la participation de Salomé Haller qui a adhéré, avec enthousiasme, à ce projet.

Comme Franz Schubert l’écrivait :
“Ainsi subsiste en nous ces belles empreintes de l’âme, que n’efface ni le temps, ni les circonstances et qui agissent avec bienfaisance sur notre existence. Elles nous indiquent dans les ténèbres de cette vie un lointain lumineux, clair et beau, qui est l’objet de notre espoir confiant.”

Le Quatuor Thymos sera en concert le 16 février
à l’Auditorium du Musée d’Orsay avec Christoph Eschenbach et Salomé Haller
Schubert : Lieder et Quatuor en la mineur n°13, op. 29 “Rosamunde”
Berg : Lieder et Suite lyrique pour quatuor à cordes

Ce programme a fait l’objet d’un enregistrement CD paru en 2009 chez Calliope.

» Le site officiel du Quatuor Thymos

Ecoutez un extrait du CD : dernier mouvement  du Quatuor en la mineur n°13, op. 29 “Rosamunde”

Le quatuor n° 13 en la mineur “Rosamunde” de Schubert par le Quatuor Thymos