Une vie d'orchestre ce n'est pas seulement un soir de votre vie, c'est aussi plein de petits moments... que nous avons voulu partager avec vous

Les cloches sont remballées.

Le grand complexe culturel où joue l’orchestre affiche aussi Notre Dame de Paris. Dans les rues du centre de Seoul, on distribue des grandes sucettes pour annoncer la sortie locale du film La Vie en rose (elles sont… roses, à part ça je ne vois pas le rapport…). Et ce matin, les cuivres ont entonné la Marseillaise pour marquer le 11 novembre. Tout en ce moment nous ramène à la France !
Le concert a lieu à Ilsan, à une quarantaine de minutes en bus du centre de Seoul (nous avons compris ici que le nom de la capitale coréenne ne se découpe pas en Sé/oul comme implicitement vu de France mais Seo/ul, la première syllabe se prononçant courte « Sô », Sohoul). C’est une ville nouvelle créée dans les années 80, quinze ans après nos Cergy-Pontoise et Melun-Senart. La salle est belle et neuve, tout en bois. Elle n’a pas un an et ça sent la planche fraîchement découpée. Assez petite (1350 places), elle va se révéler très sonore pour un orchestre de cette taille.
L’harmonie et les percussions débordent. Mais les musiciens vont littéralement passer outre, délivrant après le concerto de Dvorak (avec le violoncelliste formé à Paris Sung Won Wang) une Symphonie Fantastique puissante que le public saluera debout en hurlant.
Chaque fois que l’orchestre l’aura jouée au cours de cette tournée, le cor anglais Gildas Prado aura imaginé une façon différente de mener le jeu de scène qu’il a proposé à Christoph Eschenbach. Comme il n’intervient que dans la troisième partie (Scène aux champs) en dialogue avec le hautbois en coulisse, il n’entre lui-même qu’à ce moment comme un personnage de théâtre extérieur à l’orchestre. Le chemin dépend de la configuration de la salle, de l’humeur. Cette fois, après sa première intervention, il s’est assis sur le podium, au pied des contrebasses, a laissé passer le long développement, repris sa partie encore assis, comme un pâtre sur son rocher, puis à l’appel des timbales il a longé tout l’orchestre pour sortir de scène, guidé par l’écho du hautbois venant de la coulisse. Gildas m’avait dit sur le quai de la gare à Tokyo « je fais du théâtre ». Ça ne m’étonne pas…
Le public reçoit en cadeau le bis de Smetana. Tout ça, c’est la dernière fois. Demain, l’orchestre déménage au Seoul Arts Center au sud de la capitale pour son dernier concert, finir sa tournée sur une Valse et un Boléro.
Comment sonnera la salle ? Et que réserve t-elle comme indicatif de fin d’entracte ? Ici au Aram Concert Hall, des chants d’oiseaux, de l’eau qui roule, un instrument flûté, tout cela rythmé par une pulsation de cloches. On aurait dit que Francis Brana chauffait celles de la coulisse pour le Sabbat de cette cinquième et dernière Fantastique !

1 commentaire

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  1. dabrowski

    bonjour je cherche à joindre Gildas prado avec qui j’ai joué il y a dix ans. Merci de me communiquer son e mail.

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