Une vie d'orchestre ce n'est pas seulement un soir de votre vie, c'est aussi plein de petits moments... que nous avons voulu partager avec vous

Nanta

On nous a recommandé un spectacle le jour de notre arrivée à Seoul, Nanta.
L’affiche montre quatre jeunes Coréens armés chacun de deux grands couteaux de cuisine.
Le noir se fait dans la salle, un brouillard artificiel monte doucement de la scène. Les quatre personnages entrés dans un parfum d’encens se sont assis en tailleur devant une table basse et délivrent de douces vibrations de gong.
Soudain le plateau s’illumine, la musique éclate. Les baguettes trépident sur le bois, les rythmes tombent et pas un visage ne bouge. Nous sentons les vibrations en nous, jusqu’à la battue finale, nette comme un couperet.
Et c’est un ballet qui commence. Les kimonos volent, les tables roulent, la cuisine prend vie et tout y passe: casseroles, saladiers, bassines, couvercles…, une symphonie exécutée de mémoire. Chacun joue avec sa vaisselle en acrobate. Choux, carottes, courgettes sont découpés avec l’adresse d’un samouraï et volent en gerbes légères. La bonne humeur nous gagnent, nous devenons lames de couteau et dansons avec eux au fond des marmites. Mais les percussions se font encore plus intenses, au-delà de l’audible, leur énergie n’a plus de limite. Sur des tambours géants, les coups rapides s’entrechoquent en syncopes complexes de plus en plus rapprochées. C’est fascinant, à la limite du douloureux et quand tout cesse, pas une perle de sueur ne brouille l’harmonie sereine des traits ni le sourire jubilatoire des acteurs.

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