Une vie d'orchestre ce n'est pas seulement un soir de votre vie, c'est aussi plein de petits moments... que nous avons voulu partager avec vous

Lucerne enfin

Vendredi 29 août 2008 : 6H30-Réveil. 7H30-RER B, direction CDG. 9H - Arrivée aéroport. 9H20 - enregistrement des bagages. 10H30- Décollage. 11H45- Arrivée Zürich. 12H15- Départ des cars pour Lucerne. 13H30-Arrivée à Lucerne. Une majorité de chambres ne sont pas prêtes… Les musiciens vont déjeuner.15H00 Repos ou travail individuel dans les chambres. 17H30- Raccord qui débute à 17H50 (Raison secrète !)18H50 fin du raccord. Les musiciens se changent. 19H30-Début du concert 21H45-Fin du concert.

Depuis le matin, mon cœur bat, et le parcours épuisant fait d’attentes successives, instrument sur le dos et valise à la traîne n’a pas entamé mon enthousiasme. Depuis 17 ans (!) l’Orchestre de Paris ne s’est pas produit dans cette ville coquette située au bord du lac des Quatre Cantons où les souvenirs ressurgissent fortement, principalement ceux des ”Années Barenboïm” où nous avions ici nos “quartiers” et qui m’ont inféodée au répertoire symphonique post-romantique.

Au raccord, nous testons l’acoustique qui semble bonne. Cette salle haute et blanche est nouvelle pour nous. Derrière la scène se dressent des orgues majestueuses et rutilantes qui font oublier le décor un peu froid de l’architecture.

Les Rückert-Lieder de Mahler accompagnent sa Symphonie n°1 dite “Titan”. Chants parmi les plus émouvants que je connaisse. Christine Schäfer a la voix pour chanter ces poèmes, souple et sensible, au legato sans rupture. Son timbre velouté atteint les “forte” sans dureté et domine l’orchestre comme un soleil.

Un concert est unique en soi en regard de tous les paramètres mis en jeu. C’est toujours l’aboutissement d’un travail individuel, puis commun, de l’état d’esprit et de la forme de chacun, du degré d’hygrométrie, de la température de la salle, de la hauteur de la chaise, du confort des chaussures (sans rire) et de ce que le chef d’orchestre va nous transmettre au moment où il lève sa baguette…

Le Maestro est en forme et nous emmène dans l’univers mahlérien avec une foi toujours grandissante. Ces œuvres l’inspirent et le public est très concentré. L’acoustique de la salle pleine tient ses promesses et nous nous sentons gratifiés par le retour du son. Nous nous entendons distinctement et la résonance générale relie les instruments entre eux… C’est idéal et le dernier accord vibre encore quand les applaudissements crépitent, enthousiastes et prolongés, une marque de reconnaissance sans prix. Dans ces moments de pur bonheur, où la grâce est passée, nous nous demandons qui du public ou de l’orchestre, remercie l’autre d’être venu…

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