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Occasions contemporaines

Trois concerts de l’Orchestre de Paris cet automne présenteront des œuvres nouvelles. Écrites par des compositeurs vivants, aime t-on souvent souligner. Outre que cette particularité leur donne la possibilité de monter sur scène, répondre aux applaudissements et à la curiosité du public, on imaginera aussi qu’un faisceau de relations humaines in vivo lie le compositeur, les interprètes, l’orchestre commanditaire. Que donc l’inscription d’une œuvre contemporaine à l’affiche d’un concert répond à une “occasion”, une bonne occasion.

Christoph von Dohnányi est un ardent convaincu de la création (son grand-père, proche de Bartók, était lui-même compositeur). Il a dirigé avec une énergie et une science formidables la musique de son temps (ce qui couvre une large période puisque le chef a aujourd’hui 80 ans). Il a dirigé en Allemagne la première exécution de la pièce de Jörg Widman, sorte d’hommage à Beethoven dont les ouvertures sont un peu méconnues (mais comparé aux symphonies, le contraire serait difficile) mais sont de véritables drames miniatures. C’est donc la même progression qu’a cherché le compositeur : œuvre brève, colorée, active.

D’Arvo Pärt, tout le monde connaît le nom. Il fut dans les années 80 un des premiers qui entraient en collision avec l’esthétique escarpée des compositeurs contemporains. Sa musique, méditative, répétitive, spirituelle venait d’ailleurs. Pas de projet radical et novateur, plutôt une résistance artistique, compte-tenu du contexte politique (l’Estonie sous contrôle soviétique) dans lequel vivait Arvo Pärt. Le compositeur est très proche de Neeme Järvi, le père de Paavo, qui défendit sa musique au péril de sa propre existence. Dans une Europe recomposée, de l’Estonie à la France, l’ami compositeur aux sonorités étranges offre au nouveau directeur musical une œuvre qui fait écho à une histoire collective à relire et à approfondir.

Marc-André Dalbavie, lui, est un proche de l’Orchestre de Paris. Un temps compositeur en résidence, il le connaît “de l’intérieur”. Et réciproquement, l’orchestre est familier de sa musique, dont il a encore donné la saison dernière deux très beaux exemples, un cycle de mélodies pour contre-ténor, avec le merveilleux Philippe Jaroussky, un concerto pour flûte avec Vincent Lucas comme soliste. Amitié, confiance, expérience, appelons cela comme on veut, mais le contact -qui est toujours rapide quand il s’agit pour un orchestre de découvrir une œuvre jamais jouée- n’en est que plus facile et l’exécution plus convaincante.

» Création française de Con Brio de Widmann les 29 et 30 septembre
»
Création mondiale  de Silhouette de Pärt le 4 novembre
» Création française de
Variations orchestrales sur une oeuvre de Janáček de Dalbavie  les 17 et 18 novembre

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