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Les coulisses de Swing Lenny : côté chanteurs

Lundi 2 mai au CNSM, séance de travail en petit comité pour la soprano Sabine Devieilhe, la mezzo-soprano Laure André, le ténor Jérôme Billy, le baryton Vincent Deliau et le chef d’orchestre Philippe Aïche.
En raison des plannings surchargés des uns et des autres (Jérôme arrive avec sa valise - mais aussi avec des chocolats suisses ! - directement de Neuchâtel où il chantait la veille), c’est la première fois que toute la troupe se réunit pour une répétition piano chant et la lecture des textes écrits par Emmanuelle Cordoliani, conceptrice du concert Swing Lenny.

Philippe dirige le quatuor vocal et veille à bien équilibrer les voix. Il donne des indications précieuses sur la façon dont l’orchestre doit sonner à certains endroits : “ici ne forcez-pas, là l’orchestre est piano, soyez à l’aise…“.
Pendant ce temps, Emmanuelle se concentre sur l’interprétation des airs et la diction des solistes. Avant de chanter un passage elle leur demande de le parler avec une absence totale d’arrière-pensée : “Prenez-le comme du bon pain, leur suggère-t-elle. Soyez plein d’espoir sur ce qui va se passer, et… pour les plus intellectuels d’entre vous, faites-vous un petit lavage de cerveau” (rires).

Ce chœur final de Candide Make our garden grow, est aussi le final de notre spectacle, reprend Emmanuelle. Vous êtes remplis d’espoir, mais en acceptant que les progrès restent modestes… nous ne sommes pas dans l’optimisme du début mais dans la force de la maturité. A ce moment - là on aura établi un contact avec les enfants dans la salle ; vous êtes 4 pour ce final, ne vous démultipliez pas en 120, on veut que vous restiez 4… et le moment où vous êtes a cappela, il faut que vous vous engagiez à une grande simplicité dans la dramaturgie ; ce n’est d’ailleurs pas pour rien si Bernstein enlève l’orchestre à ce moment- là“.
Ainsi s’enchainent les consignes sur les pièces au programme : “Sabine et Jérôme, vous n’êtes pas d’accord sur le pianissimo dans come and be my wife … ce passage est très beau, prenez le temps, c’est du bonheur pur !” explique Emmanuelle. “Je peux attendre à cet endroit” renchérit Philippe.

Une fois balayée la partie chantée, après une pause dégustation des délicieux chocolats de Jérôme, le reste de la répétition est consacré à plusieurs lectures du texte parlé afin de le fixer dans la mémoire et de lui trouver le rythme adéquat. Là aussi les directives d’Emmanuelle sont importantes : “Pour la lecture de lettre, je voudrais que ce soit un moment intime ; assez intime avec ce compositeur comme s’il était toujours en vie et en même temps, il faut une certaine dérision, que tu te moques de ta naïveté d’antan” dit-elle à Laure. “Et enfin pour le dernier passage Il faut cultiver notre jardin , il faut que vous amélioriez la façon dont vous vous relayez les répliques, comme si vous élaboriez une théorie en commun.”

Un après-midi studieux dans une ambiance joyeuse. La nervosité, palpable, est rieuse : anecdotes et fou-rires n’ont cessé de fuser entre les répliques ; on parle tenues, robes, bijoux qui brillent pour le fameux air de Cunégonde Glitter and be gay, on regarde les photos de la salle déjà habillée des portraits dessinés par Patrick Pleutin …. Et on se dit à demain pour la première rencontre avec l’Orchestre à la Salle Pleyel.

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