Une vie d'orchestre ce n'est pas seulement un soir de votre vie, c'est aussi plein de petits moments... que nous avons voulu partager avec vous

Deux demi-journées, deux salles, deux personnalités !

Cette quatrième et dernière journée à Vienne, ce sont les enfants qui prennent les choses en main :

9h précises, les voilà tous qui viennent me chercher à mon hôtel pour les accompagner au Musikverein. Au programme : écouter la répétition générale de la Symphonie n°5 de Sibelius, et surtout rencontrer le Directeur musical de l’Orchestre de Paris, Maestro Paavo Järvi. Certains, pour l’occasion endossent leurs tee-shirts aux logos de l’Orchestre, et tous décachètent le dernier enregistrement de l’Orchestre pour le faire dédicacer à la pause. Paavo Järvi les reçoit dans sa loge avec beaucoup de simplicité et de gentillesse. Je lui raconte leur séjour : les enfants, tout en réclamant des photos sont, même pour les plus extravertis, plutôt intimidés. Anaïs qui a accompagné sa filleule demande au Maestro l’autorisation de la garder à ses côtés sur le plateau, pour la seconde partie de la répétition. La réponse ne se fait pas attendre : “of course, it’s a great idea !“.

Nous laissons donc Océane aux bons soins de sa marraine et allons tous déjeuner d’une dernière Wienerschnitzel ou d’un gigantesque cordon bleu. Océane nous rejoint une heure plus tard accompagnée de Christiane Chrétien qui vient passer le reste de l’après -midi avec son filleul Zakaria. Paavo Jarvi, me racontera Anaïs plus tard, a été très touché par la présence d’Océane. A chaque fois qu’il levait la baguette pour diriger l’orchestre, il croisait le regard de l‘enfant et ne pouvait s’empêcher de dire à chaque fois “she’s so beautiful !“. Par sa seule présence, Océane a transformé l’ambiance qui régnait en salle !

Un temps de repos dans un parc de la Hofburg où nous admirons une imposante sculpture de Goethe et nous voici tous à 15h à l’entrée des artistes de l’Opéra de Vienne en compagnie de son directeur M. Dominique Meyer pour une visite. Quelques musiciens dont Sandrine, marraine de Toufik, nous rejoignent.
La visite est passionnante avec de nombreuses anecdotes. On admire les magnifiques bustes des célèbres directeurs qui se sont succédés au cours des du 19ème et du 20ème siècle : Strauss, Böhm, Krauss, Karajan ainsi que celui de Mahler, sculpté par Rodin.

Les enfants ont accès à tous les coins et recoins du théâtre, chaque lieu propice à une anecdote inédite :

Les foyers doivent leurs noms à leurs cheminées. Dominique Meyer indique aux jeunes, que pour découvrir des choses ravissantes, il faut toujours lever la tête. En effet, le plafond de la terrasse attenante recèle des peintures ravissantes de la Flûte enchantée de Mozart. On y voit Papageno, les 3 dames de la nuit, Zarastro etc.

Dans le foyer Gustav Mahler, une exposition photos de ce compositeur et chef d’orchestre. “Ce fut le premier à jouer les opéras de Wagner sans coupures“, raconte Dominique “ce qui est assez cocasse lorsqu’on apprend que la veuve de Wagner, antisémite, avait tout mis en œuvre pour empêcher qu’il prenne la direction de l’opéra“. Cette exposition révèle que Mahler ne devait pas être un personnage très heureux : sur les 147 photos relatant sa vie, il n’en existe qu’une seule où il sourit et une seule où il rit. La dernière photo, très émouvante, le représente sur le bateau, mourant, de retour des Etats-Unis pour s’éteindre chez lui.

Les enfants apprennent que la salle comprend 1700 places assises et 600 places debout au tarif de 6 euros. Au parterre, en fond de salle, aiment s’assoir les amateurs de voix. Les places du 2ème balcon sont prisées par les intellectuels dont les loges éclairées permettent de suivre simultanément l’intrigue sur scène et la lecture de la partition.

Quelques mots sur la fosse et voilà les enfants sur la scène pour admirer les décors, les différentes machineries, la place du souffleur
Dominique raconte d’une voix énigmatique que sur la scène certains mots sont interdits par superstition. Malgré l’insistance des enfants il refuse de les prononcer sur le plateau. Plus tard, à la sortie, ces derniers revenant à la charge, il dévoile ces mystères : les mots interdits ne sont pas uniquement les “gros mots” comme le suggère Océane mais les termes ficelles et cordes qu’on préfère appeler les fils. Cette superstition a été amenée par les marins qui, lorsqu’ils n’étaient pas en mer, travaillaient sur les décors de l’opéra pour nourrir leurs familles. On apprend aussi que si le vert est une couleur qui porte malheur en France, C’est le violet qui est proscrit en Italie pour des raisons religieuses.

Un rapide tour dans les loges des artistes où on leur installe leurs perruques et où on les maquille précède la visite d’une salle de répétition : l’opéra répétant 3 à 4 spectacles en même temps, tout ne peut se dérouler sur la scène. Les artistes répètent donc en studio où l’on ne peut certes pas apporter le décor dans son intégralité ni tout l’orchestre. On imite donc un peu le décor pour se repérer ( On aperçoit l’épée de Sigmund…les adultes avertis devinent que dans cette salle c’est la Walkyrie de Wagner qui est répétée) et c’est un piano qui remplace l’orchestre. Toufik demande si l’épée est réellement tranchante. “Evidemment qu’on ne peu pas jouer avec des armes en plastique” explique Dominique. “Cela ne serait pas très crédible sur le plateau. Mais on fait très attention sur la façon de les manier.

La visite s’achève sur quelques données chiffrées : 1000 personnes qui travaillent dans cette institution. Pour la plupart : le célèbre Orchestre Philharmonique de Vienne, des chanteurs, des danseurs, des techniciens, des machinistes et enfin moins nombreux mais tout aussi nécessaire, le personnel administratif.

Visite passionnante pour les enfants qui ont entendu parler de Katia Kabanova de Janáček, de la Walkyrie de Wagner, de Salomé de Strauss ou encore de Simon Boccanegra de Verdi.
Après la traditionnelle photo de groupe, le reste de la journée est consacré a l’achat de souvenirs et à un dernier tour de la ville.

Le voyage à Vienne des enfants de la Fondation La Vie au Grand Air bénéficie du soutien des Fondations Edmond de Rothschild, LCH.Clearnet, Monsieur et Madame Arnaud Grémont et Monsieur et Madame Adrien Nimhauser.  

Dominique Meyer, directeur de l’Opéra de Vienne et les enfants de la fondation La Vie au Grand Air

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