Une vie d'orchestre ce n'est pas seulement un soir de votre vie, c'est aussi plein de petits moments... que nous avons voulu partager avec vous

Le voyage des instruments…

Préparation des flight-cases à la Salle Pleyel

  

Cargo ou cabine ?

Il y a différentes formes de transport aérien pour les instruments. La meilleure, la plus facile et la plus sécurisante, c’est le fret. A l’occasion des grandes tournées internationales, comme lorsque nous partons en Asie, nous affrétons un cargo, qui peut prendre tous les gros instruments en soute. Les gros instruments voyagent forcément dans le cargo, en fret : les contrebasses, les tubas, les harpes par exemple.Mais les instruments peuvent aussi voyager avec les musiciens, en soute ou en cabine. Les soutes des vols transportant des voyageurs sont très petites, et cela nécessiterait plusieurs vols de transporter tout un orchestre et son matériel !

Nous pouvons déterminer plusieurs mois avant une tournée quels instruments et combien d’instruments nous emporterons, en fonction des programmes et des morceaux choisis pour la tournée. Je fais alors une liste de tous ces instruments et je prévois les emballages qui permettront leur transport.

Nous demandons alors aux musiciens qui jouent d’un petit instrument s’ils veulent l’envoyer par le cargo ou s’ils souhaitent le garder jusqu’au départ. Par exemple sur l’Asie, il y a un délai de quatre jours entre le transport des instruments et le départ des musiciens. Cela signifie que durant tout ce temps, les musiciens ne peuvent pas jouer et travailler. Ça n’est pas possible, c’est trop.
Certains instrumentistes ont donc le choix de garder leur instrument jusqu’au départ. C’est par exemple le cas des solistes, qui ont un rôle primordial dans l’Orchestre et qui doivent pouvoir travailler jusqu’au dernier moment. Il est déjà arrivé qu’un instrument voyage en cabine sur une place passager, un violoncelle par exemple.

Within or without the flight-coffin?

Il faut que durant la tournée, alors que l’Orchestre voyage de ville en ville, tous les musiciens aient la possibilité de se décharger de leur instrument entre deux concerts, qu’ils n’aient pas à l’avoir sur eux sans arrêt. Ils peuvent de même le reprendre quand ils veulent au cours de la tournée, durant les jours de repos aussi s’ils veulent travailler.

Les instruments sont ainsi mis dans des flight-cases, construits sur mesure en fonction des instruments, étudiés spécialement, isothermes, pour protéger des écarts de température. Ils sont dans une matière légère et très solide, conçue pour résister aux coups lors des transports dans les gares et les aéroports. Ils sont tellement bougés et secoués, que si les instruments ne sont pas enveloppés et sécurisés, ils sont forcément heurtés. Il arrive qu’après une tournée, une dizaine de flight-cases aient reçu des coups… je peux quelquefois avoir à les réparer sur place pour finir la tournée !

Pour la tournée en Asie, nous emportons plus de 100 flight-cases, qui représentent un volume de 100 m3, pour environ 500 articles, ce qui comprend tous les objets que nous devons transporter. En plus des instruments, nous transportons par flight-case les habits de scène, les partitions, le matériel de percussions. Nous emportons aussi le podium du chef, qui peut être personnalisé (hauteur, taille), et dont on n’est pas sûr de trouver un équivalent sur place.

Les gros instruments comme une harpe, une contrebasse ou un tuba occupent chacun un flight-case. En revanche, un flight-case peut contenir plusieurs petits instruments : six violons, ou deux cors par exemple. Lors de cette tournée, l’Orchestre va donner la Symphonie fantastique, qui nécessite deux cloches d’église. C’est un matériel très particulier, que nous devons amener.

Le régisseur général, garant du bon acheminement des instruments

Je dois voyager avec les instruments, car mon rôle est de vérifier que tout se passe bien, et dédouaner les articles lorsque le matériel passe une frontière. Je dois être présent à l’arrivée des instruments, pour être témoin des formalités de réception des instruments. S’il y a le moindre souci de douane, je dois pouvoir justifier de ce qui se trouve dans la cargaison. Le matériel peut alors être acheminé vers les salles.

S’il y a eu un accident : une caisse qui aurait reçu un coup, un instrument brisé ou abîmé, il faut alors déterminer où et sous quelle responsabilité le choc s’est produit. Des litiges peuvent se créer entre les parties. C’est la raison pour laquelle les Japonais souhaitent que je sois témoin à cette étape du transport.

Les instruments en tournée

Une fois sur place, l’organisation des déplacements est prise en charge par le tourneur, qui fait l’interface entre l’Orchestre et les salles. Elle est planifiée très largement en amont : horaires et nombre de personnes nécessaires au transfert des instruments.

Dans chaque salle, les manutentionnaires nous aident à décharger les instruments, que nous disposons à l’arrière scène. Puis on enchaîne. L’arrivage des instruments, les musiciens qui arrivent à la salle, le raccord, le concert. Puis il faut démonter le matériel, le recharger, et l’envoyer vers la salle suivante. Tout est planifié. Nous nous rendons dans une ville différente chaque jour, donc il faut enchaîner.
Toutes ces manipulations sont organisées conjointement avec mon homologue côté japonais. Au Japon, tout est millimétré, chronométré. Leur organisation fonctionne à merveille. De l’équipe technique de l’Orchestre de Paris, nous sommes quatre à partir : deux en logistique et deux en plateau.

Les journées de repos sont bien méritées ! En général, elles sont ménagées afin que le matériel puisse voyager sur de longues distances entre deux villes.

Suivez la tournée au quotidien sur notre page Facebook : www.facebook.com/OrchestredeParis

2 commentaires

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  1. Marie-Christine Serraille

    Je vais suivre votre tournée avec beaucoup d’attention .
    Bonne chance à tous .

  2. Fred la malice

    Si vous avez besoin d’un coup de main, j’arrive par le prochain vol !

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