Une vie d'orchestre ce n'est pas seulement un soir de votre vie, c'est aussi plein de petits moments... que nous avons voulu partager avec vous

Le retour d’un invité attendu

Radu Lupu revient cette semaine, avec Paavo Järvi, pour le dernier concerto de Beethoven.

Le pianiste roumain est de longue date un invité de l’Orchestre de Paris : c’est Daniel Barenboim qui l’a reçu pour la première fois, en 1977. Depuis, retours réguliers, répertoire immuable : Mozart, Brahms, Schumann et Beethoven. Le point culminant de cette collaboration reste l’intégrale Beethoven dirigée par Wolfgang Sawallisch, dans laquelle Radu Lupu donna les cinq concertos. Devant le clavier comme dans une bulle, Radu Lupu est de ces artistes qui ont un son bien à eux. Son Beethoven n’est jamais excessif, il a ce goût d’une invention spontanée, d’une improvisation. L’homme est absolument discret et le musicien peut être royal. C’est un concert qu’on guette.

Concerts les 2 et 3 juin 2010 à la Salle Pleyel
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Découvrez Paavo Järvi

Les 2 et 3 juin, Paavo Järvi revient à la tête de l’Orchestre de Paris avec des œuvres de Martinu, Dvořák et le Concerto pour piano n° 5 « L’Empereur » interprété par Radu Lupu. Dès septembre 2010, il succèdera à Christoph Eschenbach en tant que Directeur Musical de l’Orchestre de Paris.

Découvrez le parcours de Paavo Järvi, sa vision du rôle de Directeur musical mais également son enfance en Estonie, sa formation musicale aux Etats-Unis, les grands chefs qui l’ont marqué, dans une vidéo et un entretien inédits :

Découvrez le parcours de Paavo Järvi

Comment avez-vous conçu votre première saison à l’Orchestre de Paris ?
Cette saison est celle de ma véritable rencontre avec les musiciens de l’Orchestre de Paris et avec le public de la Salle Pleyel. Chaque expérience menée avec l’orchestre sera une nouveauté et chaque saison sera faite des leçons que nous aurons tirées de la précédente.
Ainsi, j’ai souhaité pour cette première saison, offrir une programmation la plus variée possible qui puisse refléter tous les aspects de mon parcours musical : les compositeurs scandinaves tels Sibelius ou Grieg qui ont bercé mon enfance, et les compositeurs russes tels Tchaïkovski, Prokofiev, Rachmaninov ou Chostakovitch.
J’ai tenu aussi à donner une place privilégiée au répertoire français que j’aime passionnément, avec, non seulement des œuvres de Debussy ou Ravel, mais également de Berlioz, Dukas, Saint-Saëns, Franck et Fauré, ou encore Duruflé, Dutilleux et Escaich.
Le “grand répertoire” sera bien sûr également présent avec des œuvres de Haydn, le père de la symphonie moderne, mais aussi de Mozart, Beethoven, Brahms, Dvořák, sans oublier Liszt et Schumann, dont nous fêterons les anniversaires en 2011.
Cette première saison sera donc comme un “Festival permanent” offert aux spectateurs de la Salle Pleyel.
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Création en hommage à Jean-Pierre Rampal

Vincens Prats vient de faire une première lecture du Poème nocturne pour flûte et orchestre avec son compositeur, Bechara El-Khoury. L’œuvre est une commande de l’Orchestre de Paris et sera créée le 9 juin prochain. “C’est une musique très colorée, très méditerranéenne. En la jouant, je me suis dit qu’on pourrait encore diffuser un parfum de fleur d’oranger dans la Salle Pleyel, pour accentuer cette belle impression de sérénade”.Vincens Prats, soliste de l’Orchestre de Paris depuis 1991, a connu Jean-Pierre Rampal dans des circonstances bien marquantes. “Mon professeur à Barcelone connaissait Jean-Pierre Rampal et l’a invité à venir nous faire travailler. C’était en 1976-77, j’avais 16 ou 17 ans, j’avais un an de flûte, pas plus. Je me souviens qu’à l’époque j’écoutais tous les jours son disque de la Suite pour luth en do mineur de Bach, dont il avait sa transcription pour flûte et clavecin. C’était mon idole, c’était notre dieu! A l’époque, il était le premier à faire carrière de soliste portée par le disque. Le premier cours a eu lieu chez mon professeur. Rampal était un peu effaré de notre niveau très bas. Mais il aimait Barcelone et il est revenu régulièrement. On écoutait sa sonorité, on l’imitait. C’était un musicien instinctif. D’ailleurs, quand je suis entré au Conservatoire de Paris, dans sa classe (qu’il a ensuite laissé à Alain Marion puis à Michel Debost), c’est son assistante Ida Ribera qui nous aidait à assimiler sa technique, à travailler sur ce qu’il nous avait montré“.

Mais alors, quel rapport avec la Méditerranée? “Rampal était marseillais. C’était un bon vivant. Quand il venait à Barcelone, il nous invitait à dîner, il nous racontait ses voyages, il blaguait. Une fois, plus tard, chez moi sur la Côte catalane, nous avons mangé des poulpes, il m’en a reparlé encore des années plus tard!”

Concerts les 9 et 10 juin  2010 à la Salle Pleyel
» Programme détaillé des concerts

Le trombone aux premières loges !

Une sonate pour trombone et piano…! Ça existe donc…? La saison de musique de chambre se poursuit, avec cette fois la musique pour vents de Camille Saint-Saëns, répertoire que les solistes de l’orchestre viennent d’enregistrer. Et c’est pour moi une surprise de voir à l’affiche du concert au Musée d’Orsay le 21 mai cette Sonate pour trombone…

Petite visite sur YouTube pour constater qu’on y trouve des petites pièces, toujours filmées dans des conditions qui ressemblent à des auditions d’élève. Il existe en effet une grosse littérature de pièces de concours, m’explique le tromboniste Guillaume Cottet-Dumoulin, que je retrouve après la répétition du concerto de Schnittke. Ce sont des pièces qui ont été composées assez récemment. Le Conservatoire National Supérieur de Paris a contribué à édifier ce répertoire.
En fait, avec Saint-Saëns, le trombone sort du désert qu’a représenté pour lui le XIXe siècle. L’époque baroque lui avait été très favorable, puisque sous sa forme ancienne, le sacqueboute, le trombone jouait fréquemment en soliste, accompagné par la basse continue (clavecin, orgue…). Ce fut le premier cuivre a être véritablement chromatique donc à pouvoir se produire en soliste, quand les autres étaient des instruments limités à l’harmonie. La période classique a confirmé cette position avec de véritables concertos, dont un par le père de Mozart, Leopold, et un autre par Michael Haydn, pour citer des noms connus. Et puis quasiment plus rien -hormis le concerto de Ferdinand David en 1837- jusqu’à Saint-Saëns, que suivront des compositeurs comme Ropartz, puis Stravinski si l’on prend en considération la participation du trombone à l’Histoire du Soldat, puis Hindemith, Dutilleux, Martin et les compositeurs contemporains -Tomasi, Berio, Dusapin…

Concert  à l’Auditorium du Musée d’Orsay le 21 mai à 12h30
Œuvres de musique de chambre avec vents de Camille Saint-Saëns par les Solistes de l’Orchestre de Paris
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300 enfants s’emparent d’Ivan le Terrible

Quelques centaines d’enfants de Paris et des Hauts-de-Seine emmènent leurs parents à la découverte d’Ivan le Terrible de Prokofiev !

Pendant une année, cet oratorio tiré de la musique composée pour le film d’Eisenstein a fait l’objet d’un travail interdisciplinaire. Mené dans les établissements scolaires et à la Salle Pleyel, en partenariat avec le Chœur et l’Orchestre de Paris, ce travail trouvera son aboutissement dans la présence des élèves de Clichy et Gennevilliers à la répétition générale du 5 mai.
Les élèves de CM2 de l’école Alésia (Paris 14e), qui suivent depuis 3 ans le parcours de pratique artistique “De Chœur en Orchestre”, attendent aussi ce moment avec impatience : c’est leur dernière visite à la Salle Pleyel avant de monter à leur tour sur scène, le 21 juin prochain, pour interpréter Les mains papillons, une œuvre commandée au compositeur Eric Tanguy.
Tous les enfants retrouveront le 5 mai les musiciens et chanteurs qu’ils ont reçu dans leur classe ainsi que Didier Bouture et Geoffroy Jourdain, chefs du Chœur de l’Orchestre de Paris, qui leur ont ouvert les portes de leurs répétitions.

Certains reconnaîtront l’histoire d’Ivan IV, ce Tsar surnommé le Terrible en raison de sa cruauté, d’autres repéreront les extraits chantés à l’école ou identifieront la tessiture des voix de contralto et baryton… Pour partager ce dernier moment privilégié, ils seront cette fois-ci en famille.