Une vie d'orchestre ce n'est pas seulement un soir de votre vie, c'est aussi plein de petits moments... que nous avons voulu partager avec vous

L’Orchestre en fête !


L’Orchestre de Paris participe à nouveau cette année à la manifestation Orchestres en fête ! qui a lieu du 20 au 29 novembre 2009 partout en France.
Cette manifestation sera l’occasion pour vous de découvrir les orchestres côté scène et côté coulisses !Si vous n’avez pas l’habitude d’écouter de la musique classique ou de venir au concert mais que vous avez envie d’en savoir un peu plus, c’est l’occasion rêvée… Si vous avez envie de découvrir les coulisses d’un orchestre symphonique, d’écouter une répétition ou de rencontrer des musiciens, là aussi, c’est une occasion à saisir…
L’Orchestre de Paris vous propose plusieurs activités, gratuites ou payantes, les 25 et 26 novembre. Les plus matinaux pourront par exemple assister à une répétition générale le 25 novembre… Vous pouvez retrouver les détails sur notre site internet.
Le programme complet des événements organisés en France est sur le site www.orchestresenfete.com.
Un grand Jeu-Concours y est également accessible, avec des centaines de places de concert à gagner…

» www.orchestredeparis.com

» www.orchestresenfete.com

Découvrir, avec Rostropovitch

Demain, les candidats à la finale du Concours Rostropovitch commencent leurs répétitions avec l’Orchestre de Paris. Au programme, quatre grandes œuvres concertantes: les Variations rococo de Tchaïkovski, le concerto de Dvorák, celui de Schumann beaucoup moins joué et le Premier concerto de Chostakovitch. Celui porte une signification très symbolique: c’est Rostropovitch lui-même qui le créa à Moscou il y a cinquante ans ! Rostropovitch, on le sait, fut très proche du compositeur. On sait moins qu’il s’était vu écrire de la musique lui-même. Impressionné par l’envergure de Chostakovitch, il avait abandonné cette voie pour se consacrer au travail d’interprète.

Rostropovitch créa le concours qui porte son nom en 1977 à la suggestion de Claude Samuel. La compétition se déroula d’abord à La Rochelle. Rostropovitch ne pouvait qu’être sensible à l’idée de promouvoir les jeunes musiciens : lui-même avait remporté en 1945, le pays sortant à peine de l’épreuve de la guerre, le premier prix du premier concours de jeunes musiciens de l’URSS (Chostakovitch était dans le jury).
Rostropovitch violoncelliste joua  une petite vingtaine de programmes avec l’Orchestre de Paris, en 30 ans. Chostakovitch, Tchaïkovski, Dvorák… comme au concours ! Mais aussi (surtout) la création du concerto de Dutilleux, Tout un monde lointain en 1970 et les auditions d’autres compositeurs contemporaines comme Lutoslawski, Penderecki, Kantcheli, Schnittke.

Chef d’orchestre, c’est avec l’Orchestre de Paris qu’il donna ses derniers concerts les 22 et 23 novembre 2006. Il s’agissait d’un programme intégralement Chostakovitch, pour le centenaire du compositeur. On peut écouter sur le site de l’orchestre l’immense Symphonie n°10 jouée ces soirs-là, le Concerto pour piano et trompette et la suite de l’opéra Lady Macbeth de Mzensk. L’orchestre y est magnifique.

» Concert des 22 et 23 novembre 2006 dirigé par Rostropovitch en écoute intégrale

Et comment c’était ce concert ?

“…Envoûtant, dynamisant, impressionnant !
Yamandu Costa le guitariste, tout à la fois émouvant, bouleversant, phénoménal, un musicien exceptionnel qui vous réconcilie avec la vie !
Richard Galliano, un monstre sacré !
Et ces deux-là ensemble sont éblouissant de virtuosité et de complicité.

Quant à Kristian Järvi, il est tout simplement génial ! Précis, efficace,
techniquement impérial, sensuel, musicien (ça tombe bien !). Un immense bonheur de jouer avec lui à renouveler au plus vite !! “

Pascal Moraguès, Premier clarinette solo
Concert “La nuit des Mayas” au Théâtre du Châtelet le 27 octobre 2009.

L’Académie : impressions (de trop peu)

Hier les stagiaires de l’Académie de l’Orchestre de Paris terminaient leur première session, dirigée par Christoph Eschenbach.

La violoniste Anne-Sophie Le Rol était aux côtés de Gilles Henry, au bord de la scène, parmi les premiers violons. Elle parle de “moments magiques, dans cette Salle Pleyel, uniques, gravés“. Ce n’est certes pas sa première expérience d’orchestre, ni d’ensemble, mais elle a senti “une telle énergie, qu’on ne trouve pas forcément dans un orchestre du Conservatoire“.

Une impression que partage Chi Li, tout jeune violoniste de 15 ans, arrivé de Taïwan il y a quatre ans. Très engagée physiquement dans le concert, essayant de se fondre dans le son collectif, Anne-Sophie a éprouvé une joie immense et aurait bien continuer au-delà de la Troisième Symphonie de Brahms à laquelle elle participait avec les huit autres stagiaires. Un peu comme Pascal Moraguès, soliste du concerto de Mozart, qui dans la seconde partie a emmené ses collègues de l’orchestre dans une troisième mi-temps de concert, avec deux bis transcrits du Quintette, op.34 de Weber!

Du concertiste au guitar hero

J’ai animé pendant une heure un atelier auprès d’élèves du lycée technique Jacquard en amont de leur venue à la répétition générale des concerts des 21 et 22 octobre. Au programme, deux compositeurs incontournables, et comparables dans le sens où chacun à sa manière pousse au plus haut l’esthétique de son temps; Mozart pour le classicisme (Trente-quatrième symphonie et Concerto pour clarinette) et Brahms pour le romantisme (Troisième symphonie).

J’ai donc évidemment abordé tout ce que m’offrait d’emblée ce “duo”: comparaison entre les styles, amélioration de la lutherie, apparition de nouveaux instruments, évolution dans la façon de jouer, développement de l’orchestre, vie et état d’esprit des compositeurs, etc…
Mais je me suis aussi et surtout placé en interprète de mon temps; je venais voir ces élèves en tant qu’altiste et je tenais à avoir un regard sensitif et pas seulement didactique.
Alors que je les questionnais sur leur vision de l’orchestre au sens large, l’un d’eux m’a parlé de “métal symphonique” (le métal est un style de musique électrique hyper énergétique hérité du rock), qui n’est autre finalement qu’un très lointain descendant du concerto (en l’occurrence, un “guitar hero” ou un groupe face à un orchestre symphonique).
Dans le passé, les concertos ont souvent été inspirés par la virtuosité d’un interprète en particulier; c’est toujours le cas dans la musique contemporaine mais aussi dans les musiques qu’écoute plus facilement cette génération. En effet, le rock ou le jazz recèlent de grands génies de leur instrument ou des groupes pour lesquels ont été écrites des pièces les mettant en valeur, sans oublier évidemment le bon vieux solo de sax, synthé ou autre guitare au milieu de la chanson de pop (dont la forme est héritée du Rondo classique…); on est toujours dans l’esprit du concerto !
Dans un cadre plus symphonique, je leur ai parlé d’autres filiations entre “leur” musique et la “nôtre”, une des plus palpables étant par exemple l’influence de Bruckner, Mahler, Debussy, Stravinski, Holst sur des compositeurs tels que John Williams, Howard Shore…

La musique classique, toute savante et riche qu’elle soit, peut s’aborder à mon sens avec simplicité et le meilleur chemin que j’imagine pouvoir amener un jeune à s’interroger, s’ouvrir et finalement venir de lui-même écouter un concert symphonique, c’est partir de ce qu’il connaît et aime, et remonter le temps afin de former son oreille à pouvoir apprécier ce que nous considérons comme les “joyaux”.
Loin de toute démagogie (dans la mesure où on est sincère dans cette vision des choses), j’ai expliqué finalement très simplement à ces jeunes personnes que cette fameuse musique dite “classique” n’est autre que le fondement d’une bonne partie de ce qu’ils écoutent (pas mal d’entre nous aussi après l’orchestre d’ailleurs…) au même titre que nos instruments acoustiques sont les précurseurs de ceux utilisés dans les stades par les superstars d’aujourd’hui…

A travers cette approche spontanée, les élèves se sont montrés extrêmement attentifs et impatients de découvrir la musique de Mozart et Brahms, comme on s’apprête à rencontrer un cousin éloigné, inconnu mais pourtant de la même famille, qui reviendrait d’un long voyage de plusieurs centaines d’années les poches remplies de souvenirs…