Une vie d'orchestre ce n'est pas seulement un soir de votre vie, c'est aussi plein de petits moments... que nous avons voulu partager avec vous

Un vendredi Marathon à Athènes

Vendredi 26 février
Un vendredi Marathon où les enfants ont vécu trois journées en une !

9h30, nous sommes les premiers au Megaron pour assister à la répétition de l’orchestre. Les enfants envahissent le plateau avant l’arrivée des musiciens et testent la salle : Toufik dans le rôle du chef d’orchestre, dirige un orchestre imaginaire ; très vite il est rejoint par le reste des enfants qui prennent place sur les chaises des musiciens et font semblant de jouer quelque fameuse symphonie (celle qui rappelle étrangement l’air de Frère Jacques). Johnny teste le pupitre des cordes avant de s’essayer aux timbales. Mais finalement, le plus drôle c’est de courir à toute vitesse entre les allées dans la salle ! Après cette entrée en matière plutôt dynamique, les musiciens arrivent ! Les parrains et marraines viennent saluer leurs filleuls et leur proposent de passer la répétition à côté d’eux sur scène ! Les regards des enfants brillent de plaisir !
Dans la salle, d’autres élèves arrivent : ce sont des collégiens et lycéens de Pallini. Ils sont élèves au Lycée musical expérimental et viennent écouter eux aussi la répétition avant de nous emmener découvrir leur école.
Le Maestro arrive, salue les enfants et la répétition démarre.

 À la pause, les enfants partent pour Pallini. Basil Antonopoulos, directeur adjoint du lycée musical et une de ses élèves, Myrto, qui parle parfaitement français voyagent dans le minibus pour guider notre chauffeur.
1h de route avant d’être accueillis par des élèves qui nous attendent dans la cour de récréation (qui n’est rien d’autre qu’un théâtre antique !) avec quelques mots de bienvenue et une corbeille de bonbons.
Les enfants s’installent dans la bibliothèque pour discuter et prennent une collation qui est plus que bienvenue. Basile les emmène ensuite dans le magnifique auditorium de l’école pour assister à un concert de musique traditionnel grec que les élèves et leurs professeurs préparent depuis une semaine. 1h de concert, 1 h de voyage avec des musiques de Macédoine, du Péloponèse, d’Epire (région en Grèce du Nord), ou d’Asie mineure…
Basile anime le concert en présentant les différents instruments traditionnels et en expliquant les différentes pièces jouées, dansées ou chantées. Les enfants découvrent le luth de Constantinople, la tambura, le luth de Crète, le toubeliki (une sorte de darbouka), le Kanonaki, la lyre, deux sortes de flûtes tels que le cavali et le ney, le senturi (une sorte de cymbalum) etc.

Le concert est un enchantement ! Des airs de danses très entraînants succèdent à des passages plus mélancoliques, la clarinette d’abord virtuose, joue une mélodie ensorcelante ; tous les regards sont rivés sur cet instrument qui après un air entraînant, enchaîne sur une mélodie répétitive. Basile nous rappelle que la clarinette est un instrument caractéristique d’Epire, région située de l’autre côté de la mer Egée.
Le concert terminé, les enfants, affamés, s’installent à la cantine. Des élèves grecs se joignent à eux ; ils apprennent le français et ont envie d’échanger. Un repas animé où on parle encore de musique et 3 jeunes élèves proposent de chanter aux enfants la chanson du film Les Choristes.

Il est déjà 15h, le chauffeur du car nous attend. Alors que nous nous préparons pour le départ, Basile arrive avec des cadeaux pour le groupe, notamment des CDs de musiques traditionnelles jouées par les élèves du lycée. Un professeur nous accompagne jusqu’au bus et donne à chaque enfant une fleur du pays.
Retour à Athènes. Un temps de repos est nécessaire avant de se préparer pour le concert. Les enfants après un copieux goûter se mettent sur leur 31 : costume 3 pièces, cravates, nœuds papillons, robes de soirées pour les filles.

19h 45, de nouveau en avance au Megaron, les enfants se dirigent vers l’entrée des artistes pour saluer leurs parrains et marraines. Les musiciens sont impressionnés par leurs tenues et les photographient à tour de bras ! Mais la musique n’est pas loin : Joëlle emmène Glenna et lui propose de jouer l’air de Frère Jacques sur la scène du Megaron.
Après quelques mots d’encouragement, les enfants se dirigent vers la salle pour écouter le concert. Là aussi tout le monde est charmé par leur tenue vestimentaire ; des gens du public viennent leur parler mais la barrière de la langue ne facilite pas toujours les échanges.
Les musiciens font leur entrée sur scène et les enfants, assis dans les premières rangées leur font signe. Mais voilà le concert qui débute avec un programme consacré à Mozart et à Beethoven.

22h30, la soirée n’est pas encore terminée. Les enfants sautent dans le bus et vont dîner au restaurant avec les musiciens. Parrains et marraines les installent à côté d’eux et des discussions animées s’engagent. Le Maestro vient les saluer, leur demande s’ils ont aimé le concert. Stevens qui dit toujours ce qu’il pense lui répond “c’était trop fort“. Le maestro comprend (100 musiciens, ça joue très très fort, surtout Beethoven !).Le chef d’orchestre est intéressé par le programme des enfants et leur conseille de bien profiter de leur visite de l’Acropole. Il leur répète à tous qu’il est très heureux de les avoir avec lui pour cette tournée.

1h 30, après cette journée bien remplie, il est temps de rentrer se coucher !

Onze enfants accompagnent l’Orchestre de Paris en Grèce

Jeudi 25 février.
RV à 8h à Roissy Charles de Gaulle.

Un peu d’angoisse quant au départ : serons-nous affectés par les grèves ? Dès 7h30 les enfants sont là, assis, impatients d’enregistrer leurs bagages et de vivre pour la plupart leur baptême de l’air. Comment s’occuper en attendant le départ ? Jessica et Samuel entreprennent de ranger leurs sacs pendant que les autres écoutent un peu de musique, discutent, commentent leur carnet de route ou glissent sur le sol marbré de la salle d’attente. On assiste à une chute spectaculaire de Laure, mais nous ne sommes pas aux JO de Vancouver et nous voulons l’emmener à Athènes entière donc nous la prions gentiment de s’asseoir. Heureusement, il est l’heure d’enregistrer, d’embarquer et de monter dans l’avion : grand soulagement, tout s’enchaîne, nous ne sommes pas concernés par les grèves et montons dans l’avion après un comique épisode au contrôle où tous les enfants portant des bottes doivent se déchausser.

Dans l’avion, tous les enfants sont dispersés et assis à côté de musiciens ou de membres de l’administration ; un moment propice pour faire connaissance. Jessica et Bryan, un peu intimidés par le vol oublient vite leur appréhension lorsque le capitaine de bord leur fait visiter la cabine de pilotage. Le voyage se déroule tranquillement, avec des commentaires du pilote qui nous informe que nous survolons Venise, la Croatie et nous donne des informations concernant la météo.

Atterrissage en douceur et nous voici dans le minibus en direction de l’hôtel où un goûter de bienvenue attend les enfants. Après une petite collation, un petit tour dans le quartier de Plakka, un dîner copieux est servi à l’hôtel. Une cuisinière grecque qui mitonnera pendant tout le séjour des plats locaux uniquement pour nous !
Le dîner se déroule calmement, les enfants, debout depuis 4h du matin sont fatigués et ne demandent pas leurs restes lorsqu’on éteint la lumière !

Christoph Eschenbach et le Quatuor Thymos en concert

La notion de Thymos ainsi qu’elle fut développée par les anciens philosophes grecs désigne l’âme (le cœur») en tant que force vitale, et plus explicitement en tant que le souffle de la vie. Des affinités partagées ont constitué les prémices du quatuor Thymos dont les membres sont tous musiciens permanents de l’Orchestre de Paris.

C’est dans le cadre du cycle de musique de chambre de l’Orchestre de Paris que nous est venue l’idée en 2002, de proposer une programmation comprenant la Suite lyrique d’Alban Berg. Nous avions tous les quatre un vif intérêt pour l’école de Vienne et cette proposition a enthousiasmé le Maestro Christoph Eschenbach, lui-même spécialiste de cette période si riche.
Cette suite lyrique qui n’est autre qu’une grande histoire d’amour, s’inscrit dans une esthétique de la passion à laquelle nous étions tous sensibles. Cette musique qui crée une grande intimité entre les musiciens et nécessite une conjugaison subtile entre le jeu individuel et l’harmonie du groupe, est aussi ardue à interpréter qu’elle est bouleversante.
Nous avons souhaité approfondir notre travail en réalisant un enregistrement. Ce dernier a été imaginé avec la mise en parallèle de deux périodes de création artistique à Vienne. Schubert et son Quatuor n° 13 (en la mineur, Rosamunde), et Berg avec la Suite lyrique, proposent en effet, à deux époques distinctes, deux chefs-d’œuvre véhiculant une même intensité amoureuse, une même violence romantique.
La version avec soprano dans le 6e mouvement de la Suite lyrique s’harmonise particulièrement avec le lied “Schliesse mir die Augen Beide” -sur un poème de Storm- pour Berg.

C’est naturellement le mot “rencontre” qui se présente à nous pour qualifier cette aventure musicale. Ce projet a pris forme touche par touche, à l’image d’une mosaïque : il y eu d’abord la rencontre des musiciens du Quatuor Thymos au sein de l’Orchestre de Paris, puis celle avec le Maestro Eschenbach, et enfin la participation de Salomé Haller qui a adhéré, avec enthousiasme, à ce projet.

Comme Franz Schubert l’écrivait :
“Ainsi subsiste en nous ces belles empreintes de l’âme, que n’efface ni le temps, ni les circonstances et qui agissent avec bienfaisance sur notre existence. Elles nous indiquent dans les ténèbres de cette vie un lointain lumineux, clair et beau, qui est l’objet de notre espoir confiant.”

Le Quatuor Thymos sera en concert le 16 février
à l’Auditorium du Musée d’Orsay avec Christoph Eschenbach et Salomé Haller
Schubert : Lieder et Quatuor en la mineur n°13, op. 29 “Rosamunde”
Berg : Lieder et Suite lyrique pour quatuor à cordes

Ce programme a fait l’objet d’un enregistrement CD paru en 2009 chez Calliope.

» Le site officiel du Quatuor Thymos

Ecoutez un extrait du CD : dernier mouvement  du Quatuor en la mineur n°13, op. 29 “Rosamunde”

Le quatuor n° 13 en la mineur “Rosamunde” de Schubert par le Quatuor Thymos

Premier concert du cycle de musique de chambre

Jeudi après-midi, ce soir concert mais le plateau est encore vide et la salle à peine éclairée. Dans la loge toute proche, on répète. Le trio à cordes de Gaëlle Barbaron, Delphine  Biron et Sophie Divin avec Caroline Esposito au piano (droit, pour l’instant) travaillent le Quatuor avec piano n°1 de Gabriel Fauré. L’espace est réduit, l’acoustique serrée, mais pour une première lecture l’essentiel est de tout entendre, de ne rien laisser passer, de détecter les pièges qu’une partition dissimule par sa beauté (comme ici la lenteur dangereuse du deuxième mouvement). Le concert est vendredi 12 février à la Sorbonne, ouvrant cette nouvelle série de musique de chambre des musiciens de l’Orchestre de Paris, sous le double signe de Lalo et Fauré. » Programme du concertConcerts de Midi en Sorbonne
Renseignements : 06.89.17.49.35
Accès : entrée par le 17, rue de la Sorbonne, Paris 5e
Vente des billets à la caisse de l’Amphithéâtre Richelieu, à partir de 11h30 le jour du concert.
Tarif réservé aux abonnés de l’Orchestre de Paris, sur présentation de leur carte 2009/2010 : 6€ (au lieu de 12€).

Entrons dans le vif du sujet

Jeudi 11 février

Ce matin, - 6 degrés ! La récréation a été écourtée et les enfants sont un peu dissipés. Qu’à cela ne tienne, Eric Tanguy qui mène la séance captive dès les premières minutes la classe :
J’ai trouvé l’idée musicale sur laquelle je veux travailler. J’ai choisi deux gammes car vous savez, fabriquer une musique c’est comme bâtir une maison ou encore faire un gâteau et…” ” il faut monter les blancs en neige” remarque ingénument un des enfants.
Rires d’Eric Tanguy !

Mais tout de suite on retourne au travail : Eric propose, Didier dirige et les enfants se concentrent.
On va partir d’une gamme à laquelle j’enlève une note. Je vous la joue et ensuite vous me la chantez ! Je joue toutes les notes de cette gamme sauf une note. A vous de trouver la note manquante“.
Après deux tentatives, la bonne réponse arrive : il s’agit de la note si .
Félicitations d’Eric et tout de suite, on chante cette gamme sans le si, d’abord en montant puis en descendant. “C’est comme si arrivés au la on sautait une marche” explique Eric.
Après quelques tentatives, on met des chiffres sur les différents paliers et finalement on obtient un résultat satisfaisant.
Eric explique : “cette gamme a une jolie couleur. Si je veux dire des choses agréables, je vais l’utiliser. Chantons-la avec l’accompagnement que j’ai préparé”.
Maintenant que vous avez bien la gamme dans l’oreille, on va l’essayer en canon”.Deuxième étape, deuxième ambiance : “Voici une autre gamme à laquelle j’ai également enlevé une note“. Les enfants se prêtent aux mêmes exercices que pour la gamme de ré majeur. C’est un peu plus délicat mais on y arrive !
Nouvelles explications d’Eric : “Vous pouvez entendre que cette deuxième gamme a une couleur différente, elle est plus tendue que la première. Si je veux décrire un climat plus sombre, c’est plutôt elle que je vais utiliser”.

Mais on ne s’arrête pas là, il reste du pain sur la planche :
A partir de ces deux gammes, je vais vous proposer un motif de quatre notes ascendantes ou descendantes“.
Quelques recommandations de Didier : “Concentrez-vous, écoutez bien ce qu’Eric joue pour reproduire ce que vous entendez. On va faire cet exercice plusieurs fois sans s’arrêter
Une fois ce travail d’oreille accompli, Eric explique aux enfants qu’il a exploré ce travail musical sur une mise en musique d’un poème Hymne à l’été qu’il a commandé à Alain Duault pour sa composition.

On finit la séance en lisant le début du poème et en s’attardant sur le premier vers : “grande houle de blé sur le sol alangui par les rayons dorés…”
Après une petite explication de texte, les enfants chantent les paroles sur la musique composée par Eric ; celle-ci repose essentiellement sur les deux gammes travaillées dans la matinée. Les essais s’avérant concluants, ce premier vers est chanté en polyphonie puis en canon.

Une bonne séance de travail qui permet de dire à Eric qu’après sa prochaine visite prévue au mois de Mars, la partie musicale des enfants sera pratiquement achevée. Il rassure Magali et Didier en leur rappelant que pour la partie délicate à chanter pour les enfants, passage de “triton” pour les connaisseurs, il a prévu une parade : le soutien du Chœur !

De Chœur en orchestre
Projet participatif associant deux classes de CM1-CM2 de l’école élémentaire Alésia, le Chœur de l’Orchestre de Paris et Eric Tanguy

À  suivre …