L’espace d’un concert, entrer en immersion, depuis ce silence qui se crée quand le chef lève sa baguette jusqu’à celui où elle tombe pour la dernière fois.
Dès la première seconde, je me suis senti pleinement impliqué dans tout ce qui se déroulait.
Pour mon dernier concert avec le Chœur de l’Orchestre de Paris j’ai voulu essayer de vivre le concert comme un acteur de théâtre : plutôt que d’attendre ma courte intervention, chanter ce que je vois sur la partition puis attendre la suivante, je ne suis pas sorti de cette constante attention nécessaire quand on chante. J’ai tâché de vivre toute la musique, aussi parce que le poids dramatique de l’œuvre l’exigeait. Mon intervention a pris un sens nouveau, un peu comme une prise de parole dans une conversation ; ce n’était pas un événement : elle coulait de source, il suffisait d’écouter ce qu’il y avait avant. J’ai aussi essayé de chanter le plus par cœur possible, et là encore, j’ai senti une grande liberté. Les chefs de chœur nous avaient dit après la générale qu’il fallait lâcher le plus possible ce bout de papier qui crée une distance entre nous et le public, mais aussi entre nous et le chef. Concrètement, mes yeux n’ont pas quitté le chef ou le public, j’ai essayé de faire le moins de mouvement possible quand je n’avais pas la parole, j’ai agi comme si le public me regardait toujours.
J’ai vraiment vécu un moment extraordinaire, je me suis laissé agir par cette musique lourde de sens. Merci à Didier et Geoffroy, mais aussi à Ingo Metzmacher qui nous a constamment poussés à jouer l’œuvre pour ce qu’elle est à la base : une messe pour les morts.
Britten, War Requiem
Paris - Salle Pleyel, 20 et 21 janvier 2010
Mardi 19 janvier : C’est le grand jour !
Qui est ce compositeur surprise qui va travailler avec les deux classes de l’école Alésia ?
Arrivés dans la classe Magali remarque : “Voici notre invité surprise ; on a déjà la réponse à votre première question, nous avons avec nous non pas une compositrice mais un compositeur. Reste à trouver son nom” ; toute la classe réplique en chœur : “Eric Tanguy !“
Quel indice vous a aidé ? Les réponses fusent : “ j’ai vu sur internet qu’il a gagné les Grammy Awards 2008 ! Tu es sûr qu’il s’agissait des Grammy Awards ? Non c’était Les Victoires de la Musique.“
De là s’enchaîne tout à fait naturellement une série de questions à Eric Tanguy :
Quel effet ça vous a fait de gagner les victoires de la musique ?
Pourquoi vous voulez faire ce projet avec nous ?
Vous aimez les enfants ?
Quelles sont les musiques que vous aimez ?
A quel âge vous avez commencé à être compositeur ?
Qu’est ce qui est ennuyant dans votre métier ?….
Eric se prête volontiers au jeu des questions-réponses et nous savons maintenant qu’il est fan de Supertramp, qu’il aime les enfants et qu’il a composé environ 90 œuvres !
Mais Eric n’est pas dans l’école uniquement pour discuter avec les enfants. Il a besoin de les entendre : il sort son cahier de musique et note, au fur et à mesure que Didier propose des exercices aux élèves, les procédés qui fonctionnent et qu’il pourrait exploiter dans sa composition. Lorsqu’Eric demande à écouter une mélodie plus rythmique, c’est tout simplement un extrait du dies irae de l’imposant War Requiem de Benjamen Britten que Didier leur fait travailler. Il faut dire que la majorité des enfants accompagnés de leurs parents assisteront le soir même à la répétition générale de cette œuvre à la Salle Pleyel. Une occasion de voir sur scène le Chœur de l’Orchestre de Paris avec lequel ils seront amenés à travailler dans le courant de l’année.
Le répertoire des enfants est très varié : chant de la Renaissance mais aussi chant à deux voix superposant les deux célèbres chansons Frère Jacques et Au clair de la lune. Résultat étonnant qui nous plaît à tous ! On s’approche de la fin de la séance mais Eric est curieux d’entendre un canon. Ce sera donc un canon en quatre groupes, une réussite !
Alors qu’Eric et Didier remercient et félicitent les enfants, c’est une véritable ruée sur Eric Tanguy pour lui réclamer un autographe. Décidément cette rencontre avec le compositeur mystérieux est un succès !
De Chœur en orchestre
Projet participatif associant deux classes de CM1-CM2 de l’école élémentaire Alésia, le Chœur de l’Orchestre de Paris et Eric Tanguy
À suivre …
Vendredi 15 janvier
Didier Bouture, chef du chœur de l’Orchestre de Paris, reprend contact avec les élèves de CM1-CM2 de l’école Alésia.
Il arrive en leur annonçant pour la semaine suivante la visite d’un compositeur mystérieux. Pour les mettre sur la piste, il leur donne 5 petites enveloppes, chacune contenant un indice pour les mettre sur la voie. Dans l’une d’elle on peut lire : ” il a reçu Les Victoires de la musique Classique en 2008 dans la catégorie compositeur de l’année“, dans l’autre : ” Rostropovitch a créé son Deuxième concerto pour violoncelle” etc…
Après avoir bien attisé leur curiosité, Didier explique aux enfants le projet qu’ils vont vivre jusqu’au mois de juin:
“Ce compositeur ou cette compositrice va venir vous rencontrer mardi prochain pour faire votre connaissance mais aussi pour vous écouter car il/ elle va passer l’année avec vous et écrire une pièce pour Chœur et enfants que nous donnerons en concert à la Salle Pleyel. Ce sera l’aboutissement de nos trois années passées ensemble
Pour écrire cette musique, le compositeur ou la compositrice a besoin de savoir ce que vous savez faire avec votre voix pour composer quelque chose adaptée à ce que vous pouvez chanter.”
Les enfants se lèvent et chantent - devant Didier, puis dirigés par Didier-, le répertoire qu’ils ont travaillé depuis le mois de septembre avec Magali Ankaert, professeur de la ville de Paris et également membre du Chœur de l’Orchestre de Paris.
De Chœur en orchestre
Projet participatif associant deux classes de CM1-CM2 de l’école élémentaire Alésia, le Chœur de l’Orchestre de Paris et Eric Tanguy
À suivre …
…
Le 11 décembre 2009, les élèves du collège Edouard Vaillant et de l’école Les Grésillons de Gennevilliers, accueillent deux musiciennes de l’Orchestre de Paris.
C’est la première rencontre de Pascale Meley, violon et Françoise Douchet, alto, avec les jeunes qui se sont embarqués dans l’aventure d’« Un an avec l’Orchestre de Paris ». Nos musiciennes présentent leur métier, leur instrument, se prêtent au jeu des questions-réponses, et offrent aux enfants la possibilité de rentrer pour un instant dans la peau d’un chef d’orchestre en dirigeant leurs duos. La rencontre s’achève avec un moment de partage musical : les enfants de l’école primaire et du collège ont travaillé ensemble pour interpréter à leurs invitées une berceuse russe à deux voix, accompagnée par le violon et l’alto.
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Le 8 décembre, la violoniste Joëlle Cousin et la contrebassiste Sandrine Vautrin se retrouvent à l’École Victor Hugo de Clichy pour rencontrer les enfants de deux classes (CE2/CM1 et CM2) qui participent au projet “Un an avec l’Orchestre de Paris”.
Les enfants ont répété des chants (russes !), préparé des questions (pas en russe..) et les deux instrumentistes sont venus avec une petite pièce de Glière (qui fut le professeur de Prokoviev). Il y a beaucoup de questions, des pauses musique.. Je ne suis pas le seul à filmer, une des classes a des journalistes maison. Les archets circulent, on soulève la contrebasse, Monsieur Glière se laisse manipuler dans tous les sens avec la bonne volonté d’un gros chat !
Prochain rendez-vous en janvier, les deux classes viendront écouter l’orchestre en janvier, lors des répétitions du concert Tchaïkovski/Rachmaninov.