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“Dernière ligne droite” a lancé le chef d’orchestre Louis Langrée à l’adresse des musiciens, samedi matin, à l’Opéra Comique où se donne Fortunio d’André Messager à partir de jeudi. Après les répétitions scéniques sans orchestre et les répétitions musicales sans jeu scénique, c’est le moment où les deux couches de travail se superposent pour réaliser ce drôle d’objet appelé opéra (se superposer est l’expression juste puisqu’il y a plateau, au-dessus, et fosse, en dessous).Chaque fois, ce regroupement tient de la collision. J’avais eu la même impression lors des répétitions de Falstaff, au Théâtre des Champs Elysées. Le chef d’orchestre sent la pression nouvelle qu’impose le plateau, l’inertie qui vient entraver ses décisions. Pour reprendre, il faut remettre en place (si par exemple un changement de décor est intervenu). Sans cesse les lumières sont en réglage. Il faut utiliser un microphone pour s’adresser au plateau… et le temps passe. Je cherche comment décrire cette impression… on sent le chef qui piaffe d’impatience.Côté plateau, ce n’est pas plus facile. Le metteur en scène qui avait le temps pour lui est maintenant à la merci de l’orchestre, qui le ravit (tellement la musique est belle) et lui ravit la priorité, impose sa durée, sa lancée. Et Denis Podalydès, qui signe sa première mise en scène d’opéra, sent lui aussi le sablier qui se vide, la première qui approche. Course contre la montre que la préparation d’un spectacle !
Mais je voulais parler de la fosse. Pour les musiciens, c’est probablement une expérience étrange. La disposition est complètement chamboulée par rapport à l’habitude du concert. Les contrebasses sont derrière les premiers violons, par exemple (mais Roland Daugareil, le premier violon de ces représentations, qui a fait ses armes à Paris à l’Opéra Comique, remarque que ce n’est pas une règle absolue). Les cuivres sont placés à l’opposé. Les bois sont sous le plateau, à couvert, les clarinettes et les bassons au fond (je n’ai même pas réussi à les filmer). Si les violons, entre deux traits, peuvent lever la tête et comprendre un peu de ce qui se passe un étage plus haut, les bois, eux, ne peuvent que lire sur les lèvres du chef d’orchestre ce que se disent les chanteurs.
Du 24 novembre au 10 décembre : premier atelier d’orchestre de la saison avec une trentaine d’élèves de 3ème du collège Camille See dans le 15ème.Le premier contact avec l’Orchestre de Paris, que les adolescents vont fréquenter trois semaines durant, se fait à la dernière répétition de Sinfonietta et de L’Enfant du violoneux de Janáček. A tour de rôle sur le plateau, aux côtés des musiciens, les élèves sont immergés dans la masse sonore de l’orchestre.
Ilan Volkov qui dirige l’orchestre cette semaine-là et Pavel Sporcl, le soliste de L’Enfant du violoneux, se prêtent ensuite au jeu des questions/réponses :
comment avez-vous commencé la musique ?
Quel est votre rythme de travail ?
Pourquoi avez-vous un violon bleu ?
Aimez-vous d’autres styles de musique ?…
Les questions, d’abord timides, s’enhardissent… Ilan Volkov et Pavel Sporcl parlent avec passion de la musique et de l’expérience de la scène mais également du difficile équilibre entre les métiers de chef et de soliste et leur vie de famille… Les adolescents les retrouvent sur scène deux jours plus tard en assistant au concert du 26 novembre.
La semaine d’après, c’est au tour de trois musiciens de l’Orchestre de Paris de rencontrer la classe : dans les foyers des musiciens à la Salle Pleyel, Elsa Benabdallah, violon, François Michel, violoncelle et Lola Descours, contrebasson, présentent leur instrument, jouent plusieurs extraits de musique et expliquent l’organisation de leur pupitre. Les adolescents termineront leur tour d’horizon de l’Orchestre de Paris en découvrant la semaine prochaine tous les autres métiers qui font tourner cette grande maison : programmation, production, bibliothèque, régie technique, communication, mécénat…
Nous espérons les revoir à de futurs concerts de l’Orchestre de Paris avec… leurs parents !
Au menu du premier concert éducatif de la saison, le 26 novembre 2009, deux œuvres du pétillant Janáček. Tendresse envoûtante de L’Enfant du violoneux, ivresse cuivrée de Sinfonietta… partez pour une petite exploration sonore du côté de chez Janáček avec les musiciens de l’Orchestre de Paris et la complicité de Richard McNicol.
Le pianiste Maurizio Pollini est de retour à Paris le 7 décembre.
Pendant que dans sa ville natale de Milan, La Scala ouvrira sa saison en grande pompe comme chaque année le jour de la Saint Ambroise, lui jouera Berio, Schoenberg et Beethoven à la Salle Pleyel. Jamais ce musicien ne se départira de sa position de moderne. Il est en cela le double-instrumentiste d’un Pierre Boulez. C’est d’ailleurs avec ce chef d’orchestre qu’il revint jouer avec l’Orchestre de Paris en 2001, après une absence de quinze ans. L’occasion reste rare: Pollini ne s’y est produit que sept fois au total, jouant… Beethoven, Schoenberg, Brahms, Chopin et Bartók.
L’Orchestre de Paris avait, à l’époque, programmé un grand cycle Bartók. Ce concert associait le Divertimento, le Premier Concerto et le Concerto pour orchestre. On peut entendre ce concert sur le site de l’Orchestre de Paris. Ou plutôt, il faut entendre ce concert sur le site. La prise de son est très belle, les passages nus -ceux du second mouvement du concerto et les nombreuses “raréfactions sonores” du Concerto pour orchestre laissent percevoir l’espace de la salle autour. Le pianiste est splendide, royal dans le virtuosissime dernier mouvement. L’orchestre est impeccable, et bien plus, dans cette célèbre œuvre symphonique, probablement l’une des plus belles pour découvrir le monde du grand orchestre.
» Ecouter ce concert dans son intégralité sur le site de l’Orchestre de Paris
“Pollini au piano est l’harmonie incarnée, sans secrets, sans gestes spectaculaires, sans étrangeté, il sera probablement sans légende aussi, car il n’a que sa musique à offrir“, écrivait le compositeur André Boucourechliev. Légende, on verra. Mémoire, c’est incontestable et précieux.
L’organisation d’une tournée dans une petite ville comme Arcachon demande un travail en amont très minutieux découpé en trois phases.
La première a été le repérage des lieux, que nous avons fait avec mon équipe il y a environ un an et lors duquel nous avons évalué les capacités d’accueil, lumineuses et acoustiques de la salle puis validé la demande de la Ville d’Arcachon. C’est le seul moment où nous sommes allés sur le lieu du concert. La suite s’est faite de nos bureaux à Paris. Nous avons pu, avec le chef, choisir le programme du concert en tenant compte des caractéristiques de la salle.
Environ trois mois avant le concert, j’ai établi un plan de scène grâce à un logiciel permettant de visualiser la salle au centimètre près et de prévoir la position de chaque musicien dans l’espace alloué. J’ai ensuite réalisé une fiche technique regroupant tous les besoins logistiques nécessaires à la réalisation du concert programmé (matériel, planning, loges, besoins acoustiques et lumineux, ..).
Suit alors une phase d’échanges entre mon équipe, l’établissement d’accueil et les musiciens afin de concilier et adapter les besoins d’un grand orchestre comme l’Orchestre de Paris aux contraintes imposées par la Salle. C’est l’un des moments les plus délicats car même si le théâtre de l’Olympia était relativement bien équipé comparé à d’autres salles qui nous ont accueillis, il n’offrait pas le même confort qu’un auditorium de grande ville. Par exemple, nous avons dû apporter la majorité du mobilier dont les musiciens avaient besoin (pupitres,…). Les loges étaient même si petites que j’ai dû stocker des malles de vêtements sous des douches, qui se sont d’ailleurs déclenchées quand un musicien est entré…
Lors d’une tournée, en plus de l’organisation et de la coordination en amont, j’ai un travail concret sur place suis présent du début à la fin de la chaîne : je vérifie la cargaison du matériel au départ, assure le suivi sur le plateau et remballe tout le dernier jour. Je dois également faire preuve de réactivité et d’initiative afin de faire face aux difficultés rencontrées sur place. Finalement, c’est un travail très physique mais passionnant !
Chaque théâtre a sa tradition d’accueil. A Arcachon la coutume est de faire découvrir les spécialités gastronomiques locales à l’orchestre invité. Le régisseur de l’Olympia nous a donc tous invités à déguster des huîtres à la fin du concert. Tout le monde était ravi ! Cela permet de créer des liens étroits qui donnent envie de revenir !
Concerts au Théâtre Olympia d’Arcachon les 12 et 13 novembre 2009 sous la direction de Yazuki Yamada, lauréat du Concours international des jeunes chefs d’orchestre de Besançon 2009.