Une vie d'orchestre ce n'est pas seulement un soir de votre vie, c'est aussi plein de petits moments... que nous avons voulu partager avec vous

L’Orchestre à Vienne, retour à la perfection

L’orchestre de Paris a pris possession hier de sa résidence viennoise. Trois concerts jusqu’à lundi, et hier une magnifique ouverture avec la reprise du programme donné à Paris cette semaine -2nd concerto de Brahms et Septième symphonie de Dvorák.
Paavo Järvi rayonne au pupitre. Il a demandé à la fin de la répétition que les musiciens ne le lâchent pas des yeux. Il veut que l’orchestre puisse réagir, rebondir. Il sait ce que la salle peut offrir de magie. D’ailleurs le bis est sur-mesure: la Valse triste de Sibelius transite par un moment où les archets effleurent -c’est encore trop- les cordes et ce bruissement, ce sentiment de l’imperceptible se propage parfaitement. Le Musikverein est bien une salle parfaite.

Un samedi à deux temps, ou trois, ou quatre …

La deuxième journée du voyage des enfants à Vienne

Il ya d’abord celui du temps et des caprices de la météo

Un temps incertain et humide annonce une pluie diluvienne qui se confirme pour une bonne partie de la matinée. C’est donc sous la grisaille que le groupe prend, pour la première fois, le tramway sur la Ringstrasse (le Ring) , large boulevard circulaire dont la construction fut achevée dans les années 1880, se substituant à la vieille enceinte, pour permettre à la cité de se développer.

Il suffit toutefois de quelques centaines de mètres de marche pour que chaussures, chaussettes et pieds trempés détournent l’attention des enfants. Arrivés un peu en avance à l’Ecole d’équitation espagnole, on se met à la recherche des écuries pour voir de plus près ces fameux pur-sang d’Espagne, les lippizans, dont la beauté est à la hauteur de leur réputation : les enfants en oublient même leur inconfort pendant l’entraînement dans le manège d’hiver. Les chevaux, majestueux, esquissent des petites pas de danse sur des musiques de valses dont quelques unes, familières, font écho à celles jouées par les musiciens de l’Orchestre de Paris lors de la soirée viennoise qui eut lieu à la Maison de l’Enfance de Verrières le Buisson en préparation à la tournée.

Puis, fort heureusement il y a le temps du repas, moment clé de la journée :

dès 11h50, nous voici installés dans un confortable restaurant près de la Cathédrale Saint-Etienne que les enfants ne daigneront admirer qu’après le déjeuner, après avoir repris des forces en dégustant les spécialités de la maison (poulet rôti ou Wienerschnitzel). Mais l’élément essentiel pour retrouver le sourire fut sans aucun doute la douce chaleur ambiante.

Enfin, celui de l’après midi qui se déroule, (musique oblige ! ) en trois temps

1) La leçon de musique

La météo s’annonce plus clémente. Peu à peu les nuages se dissipent, la pluie s’arrête et, c’est complètement secs que les enfants retrouvent parrains et marraines à l’hôtel Intercontinental pour leur leçon de musique. Océane, Emilie, Farouk Charley , Ophélie et Toufik retrouvent AnaÏs, Andreï, Stanislas, Marie, David et Sandrine. Jessica et Zakaria sont pris en main par Nicolas.

2) Le goûter avec les musiciens

15h, nous nous retrouvons à la réception de l’hôtel pour aller tous ensemble déguster les fameux Apfelstrüdel et Sachertörte de la Pâtisserie-salon de thé DEMEL fondée en 1785 et fournisseur officielle de la Cour, comme l’annonce fièrement sa devanture. En chemin nous tombons sur le violon solo de l’Orchestre Philippe Aïche que nous embarquons avec nous et, sur place, nous rejoignent Delphine et Christiane : une tablée de 21 personnes !
Nous sommes servis dans la tradition des cafés viennois avec de la belle porcelaine pour les tasses et sous tasses et de magnifiques bols remplis de crème chantilly pour accompagner les chocolats chauds. Dégustation, discussion, rires et jeux pendant une heure !

3) Le concert au Musikverein

Les enfants sont de nouveau pleins d’énergie. Ils promettent aux musiciens de les retrouver à l’entrée des artistes à l’issue du concert du soir et se dépêchent de regagner leur hôtel pour se changer.

Les filles endossent leurs robes de princesse, les garçons leurs costumes et tous s’installent dès 19h15 dans la salle du Musikverein, impressionnés par la beauté du lieu. L’orchestre gagne la scène. On repère vite les parrains et marraines et on ne les quitte plus des yeux ! A l’entracte on déclare qu’ils ont plutôt bien joué et à la fin du concert ( Concerto pour piano n°2 de Brahms et Symphonie n°7 de Dvorák) on court les féliciter en coulisse. Les musiciens les complimentent sur leurs tenues vestimentaires et leur donnent de nouveau rendez-vous lundi à la répétition générale.

Les enfants enchantés finissent leur soirée par un dernier repas dans une chaine de fast-food dont on taira le nom, mais qui a fait leur bonheur avant de reprendre le tramway sur le Ring et tomber dans les bras de Morphée, épuisés par cette riche journée !

Le voyage à Vienne des enfants de la Fondation La Vie au Grand Air bénéficie du soutien des Fondations Edmond de Rothschild, LCH.Clearnet, Monsieur et Madame Arnaud Grémont et Monsieur et Madame Adrien Nimhauser.  

Goûter avec les musiciens à la pâtisserie Demel Prêts pour le concert du soir au Musikverein

Wilkommen in WIEN !

Ce matin le groupe d’enfants de Verrières le Buisson était très ponctuel !
A 10h45 précises huit petites frimousses souriantes pointent leurs nez, violons sur le dos, Porte 4 du terminal 2 de l’aéroport Charles de Gaulle. Enregistrement, pique-nique et premiers contacts avec certains parrains et marraines avant de monter à bord. Tous attendent avec impatience et un peu de crainte le décollage : à peine l’avion a-t-il commencé à prendre son envol que les réactions fusent de toutes parts : « trop stylé… trop confort… trop kiffant le décollage ! »… « ça fait des trucs bizarre dans mon corps … on voit la Seine, … les lacs, on dirait des baignoires pour les pieds … ».
Les musiciens qui avaient l’intention de lire ou de piquer un roupillon abandonnent leur projet après quelques tentatives et observent, amusés, les enfants qui dans leur excitation s’expriment de plus en plus fort.
A l’atterrissage, Toufik et Farouk sont invités par le commandant de bord à entrer dans la cabine de pilotage, l’occasion de prendre quelques photos avant de rejoindre le groupe et de prendre le car pour l’hôtel.
Une fois installés dans leurs superbes appartements dans le verdoyant quartier du Belvédère, le groupe se scinde en deux : l’un a pour mission de faire les courses pour les petits déjeuners qui se prendront dans les appartements, l’autre se met en quête d’un restaurant pour la soirée.
Deux chanceux échappent aux corvées : Jessica et Zakaria ont déjà leur premier rendez-vous avec leurs marraines Delphine et Christiane. Petit moment en tête à tête pour discuter et montrer ses progrès violonistiques puis un deuxième temps où on se réunit tous dans la chambre de Christiane pour jouer ensemble et surtout pour une séance photos.
On se donne RV le lendemain et on retrouve les copains dans un petit restaurant italien à 50m de l’hôtel. Ce sera pizza pour presque tout le monde. La favorite du soir : la 4 fromages ! Dîner dans une ambiance détendue et pleins de projets pour le lendemain.

Le voyage à Vienne des enfants de la Fondation La Vie au Grand Air bénéficie du soutien des Fondations Edmond de Rothschild, LCH.Clearnet, Monsieur et Madame Arnaud Grémont et Monsieur et Madame Adrien Nimhauser.

Delphine et JessicaJessica, Zakaria et leurs marraines Delphine et Christiane

Les coulisses de Swing Lenny : côté chanteurs

Lundi 2 mai au CNSM, séance de travail en petit comité pour la soprano Sabine Devieilhe, la mezzo-soprano Laure André, le ténor Jérôme Billy, le baryton Vincent Deliau et le chef d’orchestre Philippe Aïche.
En raison des plannings surchargés des uns et des autres (Jérôme arrive avec sa valise - mais aussi avec des chocolats suisses ! - directement de Neuchâtel où il chantait la veille), c’est la première fois que toute la troupe se réunit pour une répétition piano chant et la lecture des textes écrits par Emmanuelle Cordoliani, conceptrice du concert Swing Lenny.

Philippe dirige le quatuor vocal et veille à bien équilibrer les voix. Il donne des indications précieuses sur la façon dont l’orchestre doit sonner à certains endroits : “ici ne forcez-pas, là l’orchestre est piano, soyez à l’aise…“.
Pendant ce temps, Emmanuelle se concentre sur l’interprétation des airs et la diction des solistes. Avant de chanter un passage elle leur demande de le parler avec une absence totale d’arrière-pensée : “Prenez-le comme du bon pain, leur suggère-t-elle. Soyez plein d’espoir sur ce qui va se passer, et… pour les plus intellectuels d’entre vous, faites-vous un petit lavage de cerveau” (rires).

Ce chœur final de Candide Make our garden grow, est aussi le final de notre spectacle, reprend Emmanuelle. Vous êtes remplis d’espoir, mais en acceptant que les progrès restent modestes… nous ne sommes pas dans l’optimisme du début mais dans la force de la maturité. A ce moment - là on aura établi un contact avec les enfants dans la salle ; vous êtes 4 pour ce final, ne vous démultipliez pas en 120, on veut que vous restiez 4… et le moment où vous êtes a cappela, il faut que vous vous engagiez à une grande simplicité dans la dramaturgie ; ce n’est d’ailleurs pas pour rien si Bernstein enlève l’orchestre à ce moment- là“.
Ainsi s’enchainent les consignes sur les pièces au programme : “Sabine et Jérôme, vous n’êtes pas d’accord sur le pianissimo dans come and be my wife … ce passage est très beau, prenez le temps, c’est du bonheur pur !” explique Emmanuelle. “Je peux attendre à cet endroit” renchérit Philippe.

Une fois balayée la partie chantée, après une pause dégustation des délicieux chocolats de Jérôme, le reste de la répétition est consacré à plusieurs lectures du texte parlé afin de le fixer dans la mémoire et de lui trouver le rythme adéquat. Là aussi les directives d’Emmanuelle sont importantes : “Pour la lecture de lettre, je voudrais que ce soit un moment intime ; assez intime avec ce compositeur comme s’il était toujours en vie et en même temps, il faut une certaine dérision, que tu te moques de ta naïveté d’antan” dit-elle à Laure. “Et enfin pour le dernier passage Il faut cultiver notre jardin , il faut que vous amélioriez la façon dont vous vous relayez les répliques, comme si vous élaboriez une théorie en commun.”

Un après-midi studieux dans une ambiance joyeuse. La nervosité, palpable, est rieuse : anecdotes et fou-rires n’ont cessé de fuser entre les répliques ; on parle tenues, robes, bijoux qui brillent pour le fameux air de Cunégonde Glitter and be gay, on regarde les photos de la salle déjà habillée des portraits dessinés par Patrick Pleutin …. Et on se dit à demain pour la première rencontre avec l’Orchestre à la Salle Pleyel.

Les coulisses de Swing Lenny : de l’atelier à la scène



Dimanche 1er mai, fête du travail ? Plutôt une journée marathon pour l’artiste Patrick Pleutin !
Sans relâche, il dessine, peint, passe au fusain, colle et sèche de gigantesques toiles dans son atelier et dans sa cour, non pas pour humer la belle senteur du muguet mais par besoin d’espace. Il travaille d’arrache-pied pour livrer à temps des portraits de Leonard Bernstein destinés aux concerts que quelques milliers d’enfants piaffent de venir écouter avec leurs classes ou en famille. Ses modèles : des photos du maestro en train de composer, de diriger, de s’esclaffer… tout ce qui caractérise la vie et la personnalité d’un grand musicien, compositeur et chef d’orchestre.
Certains musiciens se souviennent de concerts avec lui , notamment celui du 22 juillet 1987 à la Salle Pleyel. Au programme, un mémorable Sacre du Printemps de Stravinski. C’est avec beaucoup d’émotion que Philippe Aïche, aujourd’hui violon solo de l’Orchestre de Paris, évoque cet épisode.
Et… en 2011, c’est lui qui de sa baguette de chef, dirigera l’Orchestre dans un programme dédié à Leonard Bernstein pour transmettre au jeune public un répertoire qui n’a pas pris une ride : Aujourd’hui encore, Lenny et sa musique fascinent petits et grands et, une fois n’est pas coutume, les plus jeunes endosseraient bien quelques années pour avoir eu la chance de le rencontrer.

» Swing Lenny, concerts en famille les 7 et 11 mai