Concert avec entracte - fin du concert aux environs de 22h30
Les concerts d'ouverture sont dédiés à la mémoire de Luben Yordanoff, Premier violon de l'Orchestre de Paris de 1967 à 1991.
Le directeur musical de l’Orchestre de Paris, Paavo Järvi, ouvre sa deuxième saison. Ces deux concerts sont sous le signe du romantisme : Beethoven sa source, Berlioz son explorateur sonore et Chopin son incarnation. Beethoven fut aussi la raison de naître de la Société des concerts du Conservatoire : c’est pour diffuser ses œuvres qu’ils percevaient comme novatrices et essentielles que les musiciens créèrent en 1828 cette formation, qui allait devenir l’Orchestre de Paris en 1967.
Beethoven tient également une place toute particulière dans le répertoire de Paavo Järvi, qui travaille depuis près de dix ans avec l’orchestre de chambre Deutsche Kammerphilharmonie Bremen, laboratoire de son interprétation du répertoire classique. Berlioz fut l’un des compositeurs défendus par la Société des concerts du Conservatoire et que l’Orchestre de Paris a porté, depuis ses années fondatrices avec Charles Munch. Son ouverture de concert Le Corsaire, toute plongée dans l’univers romantique rêvant d’éclats et des lointains palpitants, est animée de puissants effets sonores révélant la science orchestrale du compositeur.
Enfin, répartis sur les deux soirées de cette ouverture de saison, les deux concertos de Chopin, écrits à 20 ans à peine, œuvres jumelles, juvéniles, exquises pâmoisons de broderies délicates, comme inventées à l’instant. Pour l’interpréter, pour l’incarner presque, se succèderont deux pianistes remarquables, deux prodiges au vrai sens du terme : l’adolescent canadien d’origine polonaise Jan Lisiecki, 16 ans à peine, faisant preuve d’une étonnante maturité, et Khatia Buniatishvili, interprète précoce aujourd’hui âgée de 24 ans, comptant parmi les jeunes solistes importants d’aujourd’hui.
Paavo Järvi est né en 1962, à Tallinn, quand l’Estonie était une
république de l’Union Soviétique. Son père Neeme Järvi y était l’un des
musiciens les plus connus, dirigeant l'Orchestre symphonique de la
radio et de la télévision, l'Orchestre symphonique d'État et l'Opéra de
Tallinn. C’est auprès de lui qu’il a découvert le monde musical, avant
d’étudier la percussion, puis la direction d’orchestre.
En 1968, Neeme Järvi dirige
Credo
d’Arvo Pärt, composé à partir du texte de la messe latine, alors que
les Soviétiques interdisaient une telle référence. Les tracas
politiques que cette position en faveur de la liberté artistique
déclenche, conduisent la famille à quitter l’Estonie pour les
Etats-Unis en 1980. Paavo Järvi a 17 ans.
Il poursuit alors ses études de musique à la Juilliard School, au
Curtis Institute of Music de Philadelphie et au Los Angeles
Philharmonic Institute avec Leonard Bernstein, avant d’accéder à ses
premières responsabilités permanentes : directeur musical du Malmö
SymfoniOrkester (1994-1997), premier chef invité du Royal Stockholm
Philharmonic Orchestra (1995-1998) ainsi que du City of Birmingham
Symphony Orchestra (1996-1999).
La décennie 2000 voit sa carrière s’accélérer et ses activités se
multiplier. Invité à diriger un programme du Cincinnati Symphony
Orchestra, il lui est proposé de prendre la direction musicale de
l’orchestre immédiatement après le premier concert. En 2003, après une
collaboration de plusieurs années, le Hessische Rundfunk
Sinfonieorchester, basé à Francfort, lui propose sa direction musicale.
En 2004, il devient directeur artistique de la Deutsche
Kammerphilharmonie de Brême. Avec cet orchestre de chambre indépendant,
il réalise un enregistrement intégral des symphonies de Beethoven
plébiscité par le public et la presse.
En 2004, Paavo Järvi dirige pour la première fois l’Orchestre de Paris
dans un programme Nielsen, Berg et Sibelius. L’entente est immédiate,
les concerts magnifiques. Réinvité à plusieurs reprises, il accepte en
2007 de prendre la direction musicale de l’orchestre à partir de la
saison 2010-2011. Un enregistrement consacré à Bizet sortira en
septembre 2010 à cette occasion.
Au début de l’année 2010, Paavo Järvi a annoncé qu’il quittait
Cincinnati afin de pouvoir se consacrer pleinement à ses nouvelles
fonctions à l’Orchestre de Paris.
Le jeune pianiste Jan Lisiecki fit ses débuts avec orchestre à l’âge de 9 ans. Il est ce qu’on appelle un prodige. Enfant d’émigrés polonais au Canada, le bicentenaire Chopin a servi de révélateur à son talent. Dans cette musique pleine de liberté, le jeu de cet adolescent, qui allie maturité et espièglerie, fait merveille. Il a ouvert les manifestations de l’année anniversaire Chopin en 2010, avant de donner au MIDEM à Cannes une très belle interprétation de ce même
Concerto n° 1. Son enregistrement des deux concertos, saisis en live lors de ses deux premiers concerts en Pologne en 2008 et 2009, s’est vu décerner un Diapason d’or « Découverte » par le magazine Diapason, qui soulignait sa virtuosité sans manière et son jeu d’un naturel irrésistible.