Concert avec entracte - fin du concert aux environs de 22h10
Le succès que connut Dvořák avec ses dernières symphonies fut tel qu’il éclipsa complètement les quatre premières. Pour preuve, elles durent attendre la seconde moitié du XXe siècle pour être éditées. Et l’Orchestre de Paris, en quarante ans de concerts, n’avait joué que la Troisième.
Il y a pourtant beaucoup à découvrir : la Quatrième Symphonie est vaste et pleine d’ardeur, tout y est euphorie, que ce soit par ses rythmes en galop ou son lyrisme ample. Pas d’intimité mais un goût de vivre inépuisable.
Le second mouvement fera dresser l’oreille à l’auditeur : qu’il la connaisse bien ou qu’il vienne de l’entendre, l’Ouverture de Tannhaüser semble y réapparaître par endroits. C’est quelque chose qui n’aura pas échappé à Thomas Hengelbrock : le chef d’orchestre fait ses débuts à Bayreuth avec cet opéra de Wagner pendant l’été 2011. Dvořák n’en a jamais rien dit, mais la proximité est manifeste. Et les deux œuvres avec leurs cuivres chantants se répondent très bien entre moments solennels et explosions d’émotions.
Le Concerto de Haydn, retrouvé dans les années 60, n’est certes pas de la même facture. Mais il est parcouru par une beauté lumineuse, qui achève de donner à ce concert une tonalité heureuse. Ce sera l’occasion de retrouver la violoncelliste Marie-Elisabeth Hecker, liée à l’Orchestre de Paris depuis ce samedi de novembre 2005 où avec lui elle remporta le Grand prix du Concours Rostropovitch. Son énergie communicative ne déparera pas dans ce beau programme.
D’abord violoniste, Thomas Hengelbrock a étoffé sa culture musicale auprès d’Antal Doráti, Witold Lutosławski et Mauricio Kagel, puis s’est perfectionné avec Nikolaus Harnoncourt et son Concentus Musicus. C’est déjà le signe d’une immense culture qui embrasse la musique romantique, la composition contemporaine et la relecture des classiques. En 1985, il participe à la fondation du Freiburger Barockorchester qu’il dirige jusqu’en 1997, puis du chœur et de l’orchestre Balthasar-Neumann. C’est un musicien animé par une curiosité de musicologue, qui n’hésite pas à expérimenter sur le plan de l’interprétation, à proposer des concerts aux programmes inhabituels associant théâtre et danse, et qui prend autant plaisir à exhumer des chefs-d’œuvre oubliés qu’à explorer la musique contemporaine. Il fait ses débuts avec l’Orchestre de Paris.
La violoncelliste allemande n’a pas 25 ans, mais sa carrière, celle d’une enfant prodige, est déjà longue. Entourée de ses quatre frères et trois sœurs, elle a baigné dans la musique. Son adolescence est jalonnée de prix, comme si tout se préparait à la couronner en 2005 Grand prix du Concours Rostropovitch à Paris, complété de deux prix spéciaux pour la meilleure interprétation du
Concerto de Chostakovitch et celle de l’œuvre contemporaine obligée. Sa sonorité est pleine et sa fougue surprend tant elle s’engage sur scène. Elle excelle dans le répertoire romantique, ciselant chaque phrase de subtiles nuances. Elle revient après un concert en mars 2010 consacré au limpide et endiablé
Concerto de Saint-Saëns.