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Les 40 ans de l'Orchestre
Bach, baroque et tout changea

L’Orchestre Philharmonique de Berlin vient de jouer le Messie.
Nous sommes d’accord, c’est de circonstance. Et d’ailleurs pour cette occasion, l’orchestre a invité « l’un des représentants les plus renommés du style d’interprétation historiquement renseigné », William Christie. Mais l’Orchestre de Paris a joué le Messie une fois en 1979 et Haendel cinq ou six fois à peine, dont un opéra, Rinaldo, au Chatelet en 1985, au moment du boom de la musique baroque. Et depuis, plus rien.

Si Bach fut plus présent, sa « courbe de programmation » est aussi révélatrice : à l’époque de la Société des Concerts, les Magnificat étaient légions ; après 1967, Bach reste très présent -les concertos pour clavier, pour violon, Premier concerto Brandebourgeois avec Otto Klemperer !, Messe en si mineur avec Carlo Maria Giulini.
Dans les années 80, avec Daniel Barenboïm quelques concertos encore. Le nouveau directeur musical est proche de l’English Chamber Orchestra dont l’effectif réduit renouvelle à cette époque l’interprétation classique. L’invitation de Neville Marriner –vedette de l’époque à la tête de son Academy of Saint-Martin in the Fields, un autre petit effectif instrumental- confirme ce tournant esthétique. Dans les années 90, à peine deux occasions. Au début des années 2000, l’invitation régulière de Frans Brüggen, pour infuser le style d’interprétation historiquement renseigné, esquissera un nouvel élan...

Pour l’Orchestre de Paris, c’est un paradoxe puisque l’une des formations baroques les plus connues en France, la Grande Ecurie et La Chambre du Roy, est née pour ainsi dire dans ses murs. Jean-Claude Malgoire, son inventeur, était cor anglais solo de la Société des Concerts et embarquait avec lui dès 1966 plusieurs de ses collègues dans cette remise en question. « C’était une époque surprenante : Nikolaus Harnoncourt et Gustav Leonhardt exploraient déjà. Et simultanément, il ne se déroulait pas une saison à Paris sans une Passion « symphonique » de Bach ».
Jean-Claude Malgoire a quitté l’Orchestre de Paris en 1974 (Daniel Barenboïm l’invita à diriger en 1979). En 1977, son ensemble passait aux instruments anciens. C’était le grand soir de la musique baroque. Et le début de l’obscurité pour les autres tant le pouvoir de séduction des ensembles spécialisés semble aujourd’hui absolu.
« Je me souviens de l’orchestration gigantesque d’une Toccata par le grand chef Leopold Stokowski. Ce genre de travail n’intéresse plus ni les amateurs du symphonique, ni les intransigeants du baroque. Mais il y a une troisième voie à trouver. Les pianistes continuent de jouer Bach... pourquoi pas les orchestres. Il faut tenir compte de l’évolution stylistique, je ne vais pas renier toutes mes convictions! Mais aujourd’hui les musiciens ont un tel niveau technique qu’ils peuvent s’adapter aux archets baroques, aux hautbois, bassons ou cors naturels ». Pour continuer à travailler ce répertoire et à l’offrir.

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