Les 40 ans de l'Orchestre
Dans l’immensité

L’année 2008 de l’Orchestre de Paris sera marquée par un grand projet au Palais Omnisports de Paris-Bercy, l’exécution de la Symphonie n°8 des Mille de Gustav Mahler.
Lieu atypique, Bercy est initialement envisagé dans les années 70 comme le remplaçant du Vel’d’Hiv, le Vélodrome d’Hiver de Paris, de triste mémoire, situé dans le quartier de Grenelle et détruit en 1959. Mais l’idée est anachronique, le vélo n’est plus un sport de proximité, qu’on vient regarder comme avant-guerre, mais une épopée médiatisée, celle des grandes courses « en décor naturel ». Bercy prendra une orientation plus événementielle, le cycliste minuscule s’inclinera devant des spectacles de grand format, des grands concerts, qui feront le succès du lieu.
13000 spectateurs, la jauge se rapproche de celle des très grands sites en plein air comme le Hollywood Bowl de Los Angeles (18 000 places). Le Théâtre Antique d’Orange lui-même n’est pas aussi grand (10 000 places).
L’Orchestre de Paris est un familier de ce lieu si peu conventionnel. Il y fit sa première apparition en 1985 avec la Missa Solemnis de Beethoven. Ce concert était parmi les premières manifestations de musique classique lancées à Bercy.
En novembre 1987, il y retourne avec Lorin Maazel pour la 9ème Symphonie de Beethoven. Puis Daniel Barenboim y revient en mars 1988 avec des extraits du Crépuscule des Dieux de Wagner. Dix ans s’écoulent avant que Béjart y donne « sa » 9ème Symphonie en 1999. Puis en 2004, l’Orchestre de Paris y joue, sous la direction de Jean-Claude Casadesus, son seul opéra, Les Contes d’Hoffmann, dont le metteur en scène Jérôme Savary a peuplé le plateau de poupées géantes.
On dirait spontanément que le lieu est « visuel », parce qu’il appelle les grands effets. Mais c’est sa rançon, plus que son identité.
Le concert, par l’amplification, peut devenir à cette échelle un grand bain de musique qu’on ne peut éprouver nulle part ailleurs. Le musicien est comme le cycliste, bien petit, mais la musique que l’orchestre exécute, elle, rayonne. D’ailleurs, pourquoi la source, l’orchestre, ne jaillirait-elle pas au centre d’un public réparti autour, comme sur un ring ? L’homme a l’habitude d’orienter son écoute du regard et c’est un plaisir du concert que l’œil circule parmi les musiciens et les observe faire naître la musique. Mais à Bercy, on est dans l’immensité. Peut-être faudrait-il projeter au plafond la voûte étoilée... Le lieu n’est pas qu’une jauge, un record d’entrées, il peut faire du concert une autre expérience.

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