Les 40 ans de l'Orchestre
Trois heures et onze minutes

25 Juin 1984, Antenne 2, la télévision diffuse une émission de plus de trois heures avec l’Orchestre de Paris. Le Grand Echiquier de Jacques Chancel. C’est à 20h30 sur Antenne 2. J’ai l’impression d’évoquer l’Antiquité...
L’émission lancée en 1972 et qui durera jusqu’en 1989 ne donnait pas l’exclusivité à la musique classique. On y voyait Johnny, Brassens, Devos, Adjani, Madeleine et Jean-Louis Barrault. Mais c’était une formule de variétés, à l’époque où la télévision allait de pair avec l’électroménager pour faciliter la vie et livrer à domicile un spectacle confortable, "de bon goût ", sans vulgarité.
Ce soir-là, Jacques Chancel emmène son public au concert, Salle Pleyel.
Salle pleine, quelques rangs supprimés au pied de la scène côté jardin, de quoi ménager un salon improbable, autour d’une table basse.
Dans les gros fauteuils, les hommes sont un peu affalés, on est chez soi, on est à la télévision. On est au début des années 80.
Jacques Chancel a cette façon unique de piloter une apparente improvisation. S’il fait jouer Wagner en début d’émission, c’est pour interroger Daniel Barenboim à peine descendu de scène, sur le ban qui frappe le compositeur en Israël, pour le confronter à Elie Wiesel qui "aime Daniel mais pas Wagner ".
Et puis la musique repart. Va-et-vient sous les projecteurs, prenant parfois le chef de court :
- Daniel Barenboim, vous avez choisi le Sanctus du Requiem de Verdi...
- Maintenant ??
"C’est un concert-promenade !" rit Jacques Chancel.
Érudition légère, variétés sophistiquées, on apprend qu’il y a 4064 coups de caisse claire dans le Boléro de Ravel.
- Vous le saviez ?
- Non, je comptais, c’est pour ça que vous m’avez vu cesser de diriger !
Et aussi qu’à leur arrivée à l’orchestre, les musiciens recevaient un portrait de Beethoven et une reproduction des colombes de Georges Braque, l’emblème de la formation (une tradition qui s’est perdue).
Menuhin, Rubinstein, Cziffra furent les premiers invités classique du Grand Echiquier – monstres sacrés - puis vinrent les chefs et leurs orchestres, Alain Lombard depuis Strasbourg quand s’inaugura le Palais de l’Europe en 1977, suivi par les institutions historiques : Lorin Maazel et l’Orchestre National de France, le "coup" Karajan en 1979 avec la Philharmonie de Berlin aux studios des Buttes-Chaumont, un spécial Opéra de Paris...
En comparaison, l’Orchestre de Paris n’avait pas vingt ans... Mais la décennie 80 qui commençait, avec l’investiture de François Mitterrand au Panthéon où l’Orchestre joua l’Ode à la Joie (voir les archives INA présentées sur ce site : cliquez ici) puis l’implantation définitive dans une Salle Pleyel rénovée, ne pouvait être que celle d’une reconnaissance, d’une notoriété acquise.

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