Les 40 ans de l'Orchestre
Pompe et circonstance
L’orchestre annoncera dans quelques semaines sa nouvelle saison.
Rien ne sera dévoilé ici, mais c’est l’occasion que je saisis pour éplucher les archives et m’interroger sur les œuvres de circonstance. Grand format, sommet du répertoire, que mettre au programme d’une ouverture de saison, d’une rentrée, pour une inauguration ?
En 1969, la rentrée fut flamboyante et triple : en l’espace de trois semaines, Herbert von Karajan dirige le Requiem Allemand (Brahms), Georges Prêtre La Damnation de Faust (Berlioz), Serge Baudo La Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ (Messiaen). On invite pour cela la Singverein de Vienne, les Chœurs de l’Opéra de Paris, ceux de l’ORTF. Car le Chœur de l’Orchestre de Paris n’existe pas encore, Quand il se crée en 1976, la saison s’ouvre sur le Te Deum de Berlioz, Eglise Saint Eustache à Paris. Être religieux est-il de circonstance ? L’ampleur, le solennel, la dimension chorale y incitent mais l’Orchestre de Paris s’y est abandonné avec parcimonie. Daniel Barenboïm est revenu deux fois au Requiem de Mozart en 1979 et 1987. Il a plutôt souligné le pathos profane de Mahler - Cinquième Symphonie en 1978- comme ses successeurs Semyon Bychkov (1996) et Christoph Eschenbach (2005) qui aussi s’attachèrent à la Deuxième Symphonie (1989 pour le premier, 2006 pour le second).
Autre voix explorée pour signifier l’exceptionnel d’une rentrée, le concert qui se fait opéra. Karajan dirige Salomé (Richard Strauss) à la rentrée 74, Daniel Barenboïm Roméo et Juliette de Berlioz en 1975, puis aborde Wagner en 1983 avec des extraits de Tristan et Isolde. En 1984, sa saison s’ouvre avec ceux du Crépuscule des Dieux, une idée déjà explorée par Sir Georg Solti en 1972. Christoph Eschenbach, quant à lui, joue le troisième acte de Parsifal en ouverture de la saison 2001. Semyon Bychkov, réputé mozartien, choisit La Finta Giardiniera, peu connue, en 1991.
Mais s’il est une œuvre absolument de circonstance, c’est bien la Neuvième Symphonie de Beethoven.
Paradoxalement, l’orchestre la donne pour la première fois sans pompe particulière, c’est en décembre 1973 avec Georg Solti. Mais c’est une répétition pour l’installation au Palais des Congrès, trois mois plus tard, fêtée avec le mouvement final et choral, l’Ode à la Joie. Le Chœur de l’Orchestre de Paris aura son baptême de l’œuvre en février 1977. À l’époque, il compte environ 250 membres. C’est bien pour étoffer la vaste scène du Palais des Congrès. Mais on redonne le concert le surlendemain au Théâtre des Champs Elysées... c’est comme rentrer dans une boîte à chaussures !
La symphonie resservira quelques années plus tard pour inaugurer le nouveau domicile de l’orchestre, la Salle Pleyel, en octobre 1981. Quelques mois auparavant, le chœur et l’orchestre en avaient donné le célébrissime dernier mouvement lors de la cérémonie d’investiture de François Mitterrand. « On est parti en autocar de la Salle Pleyel, raconte Claudine Duclos, alto dans le chœur depuis sa création, tout était embouteillé et la foulée nous applaudissait sur le parcours. On est arrivé, on s’est vite installé sous les auvents de plastique, il pleuvait, on avait des fleurs à la main, il est sorti du Panthéon, on a chanté... » (une archive INA de cet événement est consultable sur le site).
« La Neuvième » fait naturellement partie de l’intégrale des symphonies de Beethoven que chœur et orchestre emportent à Carnegie Hall en 1982 et de celle que Wolfgang Sawallisch donne entre 1993 et 1998. Elle est là pour célébrer les 10 ans du Chœur en ouverture de la saison 1986, Semyon Bychkov la redonne en ouverture de sa saison 90-91, Christoph Eschenbach pour sa saison 2004-2005 à Mogador où les 110 choristes –effectif déjà réduit- sont bien à l’étroit et l’orchestre comme des harengs !
Enfin, en juin 2006, dans la Cathédrale de Verdun, on commémore le 90e anniversaire de la bataille. C’est un concert pour la paix. Christoph Eschenbach a invité deux chanteurs allemands et deux chanteuses françaises. C’est la dernière occasion en date. Pleyel rénovée attend la sienne.
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