Les 40 ans de l'Orchestre
Le second éphémère
Le 6 novembre 1990, France 3 diffuse dans son journal du soir un petit reportage consacré au retour de Sir Georg Solti à la tête de l’Orchestre de Paris pour diriger Bruckner et Bartók.
"En répétition, il mime la musique. Il a beaucoup d’exigence par rapport au texte de la partition", explique le violoniste Gilles Henry. Un petit solo de clarinette est analysé par le chef pour la caméra. "C’est difficile to dire como fare...".
Elève de Bartók, pianiste exceptionnel, Solti prit les rênes de l’orchestre avec quatre concerts de la Neuvième Symphonie de Mahler en janvier 1971. Remontant à cette période, soit quasiment 20 ans plus tôt, la violoniste Mireille Cardoz ravive les mêmes traits de caractère. "Il parlait dans un mélange d’anglais, d’allemand, de français et d’italien. C’était parfois cinglant. C’était un chef de la vieille école, très autoritaire, très exigeant. Le rythme était son obsession, il nous reprenait toujours là-dessus."
Si les relations avec les musiciens furent rudes, il faut se souvenir qu’à cette époque certains timbres dans l’orchestre étaient très différents de ceux d’un orchestre anglais ou américain. Solti avait commencé sa carrière après-guerre en Allemagne puis avait relevé en dix ans l’Opéra Royal à Londres, Covent Garden, gagnant en récompense son anoblissement. Depuis 1969, il dirigeait l’Orchestre Symphonique de Chicago. Rien là-dedans n’avait la couleur française.
"Mais si les répétitions étaient dures, c’était un grand souffle au concert !" poursuit Mireille Cardoz. Strauss était un de ses compositeurs de prédilection. "Sa Vie de Héros, que l’orchestre joua beaucoup en tournée sous sa baguette, est l’un des plus beaux souvenirs musicaux de ma carrière. Et cette Salomé en version concert, avec Grace Bumbry... Il partait dans cette musique !".
Solti arrivait après Karajan, lui-même effectuant un bref passage pour conjurer le choc de la disparition de Charles Munch, le fondateur. Solti est très demandé. Chicago avait trépigné cinq ans pour l’avoir. Il ne restera que très peu de temps à la tête de l’Orchestre de Paris, donnant son dernier concert le 30 juin 1975, la très fameuse première exécution de la Symphonie des Mille de Mahler, au Palais des Congrès. Il glisse en partant au violon solo de l’époque, Luben Yordanoff, "je vous envoie l’un de mes fils spirituels", désignant ainsi Daniel Barenboïm.
Le concert de 1990 n’était pas une exception, car Solti revint très régulièrement diriger l’Orchestre de Paris, une bonne dizaine de fois jusqu’en 1995 (Ecoutez en streaming la Missa Solemnis qu'il dirigea le 16 décembre 1993 en cliquant ici). Les années 90 marquaient sa retraite de Chicago, après 22 ans. Les Américains comptaient fêter son millième concert à leur tête quand le maestro disparut, le 5 septembre 1997.

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