Les 40 ans de l'Orchestre
Un Russe à Paris
La musique russe est un fil rouge de l’actuelle saison. Le directeur musical qui s’est le plus engagé dans ce répertoire, ce fut, bien sûr, Semyon Bychkov.
Formé à Leningrad, sa ville natale, il remporta en 1973 le concours Rachmaninov de direction d’orchestre, mais les autorités soviétiques lui refusèrent toute reconnaissance et il s’exila aux Etats-unis en 1975, où sa carrière redémarra de rien en quelques années. À l’époque, il était dans cette situation paradoxale d’une disponibilité sans commune mesure avec son talent et c’est d’ailleurs au pied levé, sauvant des concerts à la dernière minute à Amsterdam où à Berlin, qu’il se fit remarquer en Europe. Karajan l’invita à diriger l’Orchestre Philharmonique de Berlin, Philips lui proposa un contrat exclusif et, pour son premier enregistrement, la Cinquième Symphonie de Chostakovitch. C’est avec cette œuvre qu’il fit ses débuts à l’Orchestre de Paris, en 1986, à l’invitation de Daniel Barenboim sur le départ. L’orchestre tenait là un successeur intéressant qui allait l’accompagner de 1989 à 1998.
Bien sûr, l’orchestre avait déjà beaucoup joué Stravinski, Prokofiev et même Chostakovitch, avec des chefs russes comme Barshaï,Kondrachine, Temirkanov et Rostropovitch. Mais Semyon Bychkov allait intensifier considérablement l’exploration de ce répertoire. En comblant certains manques–comme la première exécution par l’orchestre de l’oratorio de Stravinski Oedipus Rex, en accentuant la présence au répertoire de compositeurs russes vivants, comme Alfred Schnittke (1934-1998), en abordant le répertoire lyrique (Eugène Oneguine sur la scène du Châtelet). Nombreuses symphonies de Chostakovitch n’avaient été jouées qu’une fois, une dizaine d’années plus tôt. Certaines restaient encore à faire découvrir aux musiciens, comme la 11e que Bychkov dirigea en 1989, la 15e en 1992, d’autres qu’il confia à des chefs invités, comme la 9e et la 12e (Claus-Peter Flor et Gunter Herbig en 1994), la 6e (Kurt Sanderling en 1995). L’œuvre du compositeur était assez vaste pour qu’il en restât encore à défricher quand Christoph Eschenbach succéda à Semyon Bychkov, inscrivant au programme pour la première fois le Second Concerto pour violoncelle en 2004. Et même pour Paavo Järvi, que tout juste annoncé futur directeur musical en mai 2007, acheva ce parcours intégral avec la Septième Symphonie.
L’orchestre progressait beaucoup en dix ans, son directeur musical s’attachant particulièrement à développer le son des cordes. Cette période était marquée par le renouvellement d’environ un quart de l’orchestre, pyramide des âges oblige, l’effectif considérablement rajeuni se retrouvant au diapason de son chef, qui n’avait que 37 ans à son arrivée. Ceci encourageant cela, Semyon Bychkov fut peu à peu gagné par la fièvre wagnérienne comme Daniel Barenboim. Il avait beaucoup abordé Strauss, Mahler (les six premières symphonies avec une préférence pour la 2e et la 5e). Sa dernière saison voulait en apporter la confirmation, elle s’ouvrit sur Parsifal et s’acheva avec Elektra.
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