Les 40 ans de l'Orchestre
Dans la fosse

Le printemps 2008 sera lyrique pour l’Orchestre de Paris. D’abord le début d’une collaboration avec l’Opéra Comique, puis au Théâtre des Champs-Élysées avec Falstaff.

Tiens, Falstaff ! C’est encore un anniversaire, puisqu’il y a quarante ans, en juillet 1968, c’est le premier opéra que l’orchestre joua dans la fosse du théâtre en plein air d’Aix-en-Provence. Le premier sous sa nouvelle appellation, car l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, l’ancêtre de la formation actuelle, y était associé depuis la naissance du festival.
On en trouve des témoignages au disque, comme L’enlèvement au Sérail avec Teresa Stich-Randall, saisi un soir de juillet 1954, avec Hans Rosbaud à la baguette. À l’époque, on frappait les trois coups avant que la musique commence.... L’orchestre répétait dans le minuscule opéra de la ville, la salle du Jeu de Paume, se souvient le contrebassiste solo Bernard Cazauran. Salle restaurée et tirée de la léthargie à la fin des années 90 (léthargie n’est pas un vain mot, répéter là en plein juillet exigeait sûrement qu’on sache résister à la somnolence !).
L’orchestre participa à plusieurs productions –Falstaff, Pelléas et Mélisande, Don Giovanni, les Noces de Figaro, la Flûte Enchantée- et ceci jusqu’en 1973. Ce fut pour ainsi dire la première vie d’opéra de l’Orchestre de Paris (sa participation au festival se réduisit ensuite à des concerts et ce n’est qu’en 1999 qu’il revint à Aix, pour une Belle Hélène cabaret assez décriée puis en 2001 pour Falstaff encore).

La seconde, ce fut l‘aventure du festival Mozart lancé par Daniel Barenboïm en juin 1982 au Théâtre des Champs Elysées, qui avait la taille idéale. Son idée aussi était idéale pour un orchestre symphonique descendant dans la fosse d’opéra : mettre côté à côte les concertos pour piano et les trois ouvrages-phares Don Giovanni, Cosi fan Tutte et Les Noces de Figaro pour sentir se croiser l’art dramatique des concertos et la perfection instrumentale des opéras. En 1986, les trois opéras furent donnés en série. En 1987, on acheva cette histoire avec la Flûte Enchantée. Toutes ces mises en scène étaient signées Jean-Pierre Ponnelle.

La troisième vie prit forme au Châtelet, dans la brillante décennie 90 de ce théâtre. La raison principale est que son directeur, Stéphane Lissner, présidait aussi aux destinées de l’orchestre. Ce furent Eugene Oneguine avec Semyon Bychkov (1992) un peu à l’étroit pour la scène du bal final mais musicalement magnifique, et Wozzeck avec le retour à l’opéra de Patrice Chéreau associé à Daniel Barenboïm. Vint ensuite Don Carlos (1996) avec le chef Antonio Pappano, la première rencontre avec Karita Mattila, Luc Bondy et un cheval blanc live on stage. Puis Parsifal (1997) avec une table de banquet du Vendredi Saint qui allait de cour à jardin, et la fosse d’orchestre à moitié couverte pour un simili Bayreuth. La création en France d’Outis, le dernier opéra de Luciano Berio (1999). Et celle de L’Amour de Loin (2002), de Kaija Saariaho, le plateau couvert d’eau chauffée (la soprano Dawn Upshaw les pieds dedans -et plus- toute la soirée). Et enfin, la grande aventure de la Tétralogie (2005-2006), avec Robert Wilson et Christoph Eschenbach.

Enfin, à part, excursion unique et mémorable, l’aventure à Salzbourg en 1999, pour Les Troyens avec Sylvain Cambreling, dans une mise en scène d’Herbert Wernicke, reprise à l’Opéra Bastille seul capable d’accueillir cette production XXL, avec son propre orchestre. Pour Bernard Cazauran, un de ses plus beaux souvenirs musicaux...

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