Les 40 ans de l'Orchestre
Escales espacées
L’Orchestre de Paris a accueilli le piano dès son deuxième concert en 1967, celui du Hongrois Géza Anda pour Schumann. Première décennie avec Samson François, (qui disparaîtrait deux ans plus tard), avec Arthur Rubinstein (trois programmes entre 1969 et 1975), avec Arrau qui revient régulièrement, tous les deux ou trois ans, Brahms ou Beethoven invariablement sur le pupitre. Des comètes –Sviatoslav Richter, Emil Guilels. Des noms connus, comme Alexis Weissenberg, Ne pas oublier Daniel Barenboïm, qui débutait à l’Orchestre de Paris en 1976, précédé déjà par Christoph Eschenbach, en 1969.

La décennie suivante verra arriver Martha Argerich (une bonne quinzaine d’années d’attente après sa révélation), Arturo Benedetti Michelangeli (pour Beethoven en 1981 et Schumann en 1984). Des femmes –Larrocha, Leonskaja, Uchida, Pires... et bien sûr les soeurs Labèque dont les programmes à deux pianos allèrent de Dussek à Berio ! Mauricio Pollini, régulier de 1975 à 2001, traçant une ligne de Beethoven à Schoenberg, sous la direction de Daniel Barenboïm ou Pierre Boulez. C’est parfois l’inverse qu’on remarque : une œuvre unique à laquelle il faut trouver des interprètes : Pogorelich, Kissin, Rudy n’ont joué qu’une fois qu’une fois, et c’était pour affronter le 1er concerto de Tchaïkovski !

Nelson Freire vient de jouer Rachmaninov. Son dernier passage à l’Orchestre de Paris remontait à quinze ans ! Pendant un instant je me demande si les musiciens –qui partagent la scène avec lui - sont conscients qu’à ce rythme-là ils pourraient ne plus le revoir... Je feuillette la brochure de la saison prochaine, je pourrais tout aussi bien prendre la liste des formations symphoniques ou des salles de concert susceptibles comme l’Orchestre de Paris d’accueillir les grands pianistes. Beaucoup d’invitations et un calendrier inextensible : sauf exception, c’est-à-dire attachement particulier, le soliste est un astre dont la période de révolution est très longue, il lui faut des années pour retrouver une position donnée !

Plongé dans les sonates de Beethoven, Alfred Brendel a disparu vingt ans des programmes de l’Orchestre de Paris entre 1989 et 2002, alors qu’il y figurait tous les quatre ou cinq ans, auparavant. Zoltan Kocsis n’est plus venu depuis quinze ans, Martha Argerich non plus. La liste des grands du clavier est assez longue. L’orchestre en accueille quatre ou cinq par saison. Environ 150 depuis sa création... Autant prendre la vie avec humour, alors, et féliciter Christian Zacharias d’avoir choisi le vingt-quatrième concerto de Mozart en 1991, puis le vingt-cinquième en 1998, se donnant ainsi une chance d’arriver au bout de la série des vingt-sept !
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