Les 40 ans de l'Orchestre
La traversée de Mogador
L’expression est venue dans une interview avec Louis Schweitzer, qui préside le Cercle des amis de l’Orchestre de Paris. Louis Schweitzer est le petit-neveu de Charles Munch, il a vécu la naissance de l’orchestre et se souvenait de l’immense fierté de son fondateur.

En comparaison, cette période récente de la vie des musiciens, ce séjour forcé au Théâtre Mogador, oui, c’était la traversée du désert, allusion biblique pleine d’inconfort et de rigueur. À la fin des années 90, l’Orchestre de Paris se retrouve confronté à un vide. La salle Pleyel qu’il occupe depuis 1981, propriété du Crédit Lyonnais, va être vendue. Une ordonnance de 1945 oblige que sa destination reste culturelle mais des travaux de rénovation sont prévus qui vont paralyser l’endroit pendant plusieurs années. L’orchestre doit se trouver un repli. Paris est si pauvre en lieux de musique qu’il faut se tourner vers Mogador, théâtre privé de 1900 places, dans le quartier des grands magasins.

Si Mogador a accueilli les Ballets Russes dans les années 20, il y a bien longtemps que la seule partition qu’on y entend est celle des comédies musicales. Les Misérables, Starmania, La Belle de Cadix, Notre-Dame de Paris précèdent l’orchestre. Le problème est multiple: d’abord le lieu n’est pas fait pour le concert et exige de nombreux de travaux, ensuite le public n’est pas celui du classique, enfin l’exploitation commerciale va s’y poursuivre –Emilie Jolie, Elvis Story- et mettre régulièrement l’orchestre à la rue ...

"L’orchestre aurait pu baisser les bras..." concluait Louis Schweitzer. Mais en fait, la période Mogador força l’imagination –et l’admiration, d’une certaine manière. L’Orchestre de Paris inaugura sa nouvelle résidence avec quatre journées Portes Ouvertes, il mit en place des programmations gratuites à midi et à 18h associant les élèves du Conservatoire de Paris. Il invita d’autres orchestres, ceux de Lille, du Capitole de Toulouse mais aussi de Philadelphie, de Chine. Il tira au canon pour qu’on l’écoute, entrecroisant une intégrale Beethoven, Brahms et Mendelssohn en 2005 !

L’opération, pour autant aura été difficile. Mogador est exigu, c’est un théâtre et non un auditorium et les places sont vite en vertigineux surplomb ou encastrées sous les balcons. Le public n’est donc pas enchanté et baisse. Côté musiciens, Christoph Eschenbach résumait ainsi la traversée de Mogador, pour Le Monde en février 2005: "Cela a été très difficile, pour nous, matériellement et psychologiquement. Nous avons traversé une situation de crise, avec des lieux de répétition improbables, qui changeaient jusqu'à deux ou trois fois pour un programme de concert. L'orchestre souffrait mais tenait bon et je ne suis pas loin de penser que la crise traversée a sans doute contribué à notre fusion d'aujourd'hui avec les musiciens de l'orchestre.".
VOTRE ESPACE PERSONNEL
FACEBOOK
Partagez cette page avec vos amis sur Facebook.



Rejoignez-nous dès maintenant sur notre page Facebook pour vivre avec nous tous les événements de la saison 2012/2013 !
L'Orchestre de Paris sur Facebook

 

DEL2