Les 40 ans de l'Orchestre
Pour un infatigable
À la fin du mois d’avril 2007 disparaissait le violoncelliste Mstislav Rostropovitch. L’Orchestre de Paris lui rendit hommage par un concert spécial immédiatement mis sur pied. Un an après, presque comme un anniversaire, il accueille Natalia Gutman, son élève, pour la Symphonie concertante de Prokofiev.

Cette Symphonie concertante, Rostropovitch en était le dédicataire et la joua lui-même avec l’orchestre 39 ans plus tôt, avec le chef russe Guennadi Rodjdestvenski. À l’époque, Rostropovitch, artiste du peuple, dirigeait déjà (au Bolchoï, par exemple), mais ce n‘est qu’en 1976 qu’il prendrait la baguette avec l’Orchestre de Paris.

Juillet 70, Festival d’Aix en Provence, Rostropovitch et l’Orchestre de Paris créent le concerto pour violoncelle d’Henri Dutilleux. L’œuvre est bissée intégralement ! Quelques mois plus tard, Rostropovitch entre dans la tourmente politique, pour avoir apporté son soutien à Soljenitsyne. Le pouvoir soviétique lui retire la plupart de ses engagements et de ses sorties d’URSS. Il est pourtant à Paris en décembre 1971 pour reprendre ce concerto de Dutilleux avec l’orchestre et lui donner sa première parisienne (grand écart : il joue dans la même soirée le 1er concerto de Haydn, qu’on vient de redécouvrir !).

Quand il revient en octobre 1974 reprendre encore une fois le concerto de Dutilleux, Rostropovitch vient de s’exiler d’Union Soviétique. C’est pendant le Festival d’Automne et curieusement, l’œuvre en côtoie une plus audacieuse, Noomena, de Xenakis qui "soulève des tempêtes de huées". Jacques Longchamp, le critique musical du Monde, se montre du coup plus sceptique. Disparité entre la virtuosité romantique du soliste et la texture pulvérisée de l’orchestre, "Rostropovitch a t-il rendu un service à Dutilleux en lui commandant un concerto ?"...

Le violoncelliste Rostropovitch retrouvera encore l’orchestre à plusieurs reprises, se consacrant aux œuvres contemporaines : concertos de Lutoslawski, Penderecki, Schnittke et Kantcheli. Comme chef, il donnera principalement des programmes russes, le premier en 1976, avec sa femme, la soprano Galina Vichnevskaïa. En mars 1982, il dirigera une de ses partitions favorites, le War Requiem de Benjamin Britten (encore un compositeur proche, dont Rostropovitch obtint un concerto). Puis ce sera la version concert de l’opéra de Tchaïkovski Iolanta en 1984 et deux ans plus tard, un grand programme Prokofiev avec la cantate Alexandre Nevski. 20 ans passeront sans que Rostropovitch revienne diriger. Et puis en 2006, pour le centenaire de Chostakovitch qui fut son camarade de conservatoire, il dirige l’Orchestre de Paris dans la Huitième Symphonie. C’est la musique qui l’a convaincu d’être interprète. À la fin du concert, le chef prend dans ses bras la grosse partition verte. C’est la dernière fois qu’on le voit sur scène. Il a 79 ans.
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