Les 40 ans de l'Orchestre
Embrasser Hector

Je connais un Anglais qui a appelé son fils Hector en référence à Berlioz. C’est vrai, il aime la musique et la culture française. Mais je n’imagine pas d’évidence cet élan chez un compatriote, on va souvent chercher ailleurs, ce qui nous fait le monde plus ouvert.
Berlioz est un des parrains de l’orchestre. Sa Symphonie fantastique reste la mascotte de presque toutes les tournées et figurait déjà au premier concert en 1967 (voir la chronique Devinette). Mais comme le répertoire symphonique est fait de virages, de découvertes, de retrouvailles, l’orchestre n’embrassa pas Berlioz d’un coup.

Très vite, donc, s’installent la Fantastique, Roméo et Juliette et La Damnation de Faust, quelques ouvertures -celle de Benvenuto Cellini, Le Corsaire- et le cycle célèbre des Nuits d’été. Au milieu de ces œuvres de taille standard, l’exécution du Requiem par Ozawa pendant l’été 1969 à Salzbourg, en hommage à Charles Munch, est inattendue. L’œuvre est reprise à Orange par Maazel à l’été 1974, puis par Barenboïm en 1978 aux Invalides où elle fut créée, au Palais des Congrès et à Notre Dame en 1979, avant de partir en tournée américaine. En dix ans, le répertoire s’est déjà étoffé : on y a ajouté le Te Deum, le concerto Harold en Italie que l’alto solo de l’orchestre Ana Bela Chavez joue en 1981 avec Sir Colin Davis. Le chef anglais –je ne connais pas le prénom de ses enfants...- est un spécialiste de Berlioz et en 1979 déjà il a apporté de nouvelles partitions : la mélodie avec orchestre Tristia et l’ouverture de l’opéra Les Francs-Juges.

C’est qu’en1967, les musicologues se sont lancés dans une édition révisée de Berlioz qui mettra 20 ans à aboutir. Les concerts sont en quelque sorte rythmés par l’avancée des travaux. C’est ainsi qu’en 1984, l’orchestre joue pour la première fois des extraits de l’opéra Les Troyens. Il y a une émulation -une vraie concurrence oui !- entre les chefs. Serge Baudo qui dirige à l’époque l’Orchestre National de Lyon et le festival de La Côte Saint André, ville natale de Berlioz mène la course. Il fut l’un des premiers responsables artistiques de l’Orchestre de Paris...

C’est au tournant des années 2000 que l’Orchestre de Paris va mener sa troisième campagne berliozienne. Ligne de mire, le bicentenaire du compositeur en 2003. Un cycle, donc, sur cinq saisons !
Avec en parallèle une série de commandes inspirées par Berlioz, c’est la reprise de ses partitions monumentales : l’oratorio L’Enfance du Christ jamais rejoué depuis 1969, le Requiem endormi sur son succès à Carnegie Hall en 1979. Et puis un concentré de pièces encore jamais jouées par l’orchestre: la cantate du Prix de Rome Herminie (dans laquelle on trouve le thème de la Fantastique), l’ouverture Waverley opus 1, l’ouverture Le Roi Lear opus 4, Le Cinq Mai opus 5, des fragments des Francs-Juges, les Huit scènes de Faust, le mélodrame Lelio, des chœurs seuls...
Avec Les Troyens, l’orchestre part au festival de Salzbourg, en tournée il emporte Harold en Italie, Les Nuits d’été, Carnaval Romain, aux Etats-Unis, en Allemagne, au Japon... On en a presque fait le tour.
Manque l’hyper-monumental Symphonie Funèbre et triomphale créée Place de la Bastille en 1840. Des fragments d’opéra comme ceux de la Nonne Sanglante... Mais cette période 2003 déclencha une vraie Berliozmania dans le monde entier, on pouvait en laisser un peu aux autres ! D’ailleurs il reste encore des choses à faire. Comme son Impériale pour orchestre et double-chœur de 1854, créée avec 1200 instrumentistes, cinq chefs ! "Car du sépulcre est sortie, comme autrefois le Messie, l’impériale dynastie?que Dieu même suscita et que la gloire enfanta."...

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