Les 40 ans de l'Orchestre
À ciel ouvert

Associer la musique et l’espace a toujours quelque chose de magique. Quand un concert se monte ailleurs, hors de l’auditorium, le public se sent plus libre, le lieu est habité d’une magie, l’impression est quasi-cinématographique.

Pour les musiciens, l’affaire est plus ardue. Philippe Aïche, violon solo de l’Orchestre de Paris, l’expliquait très bien à l’occasion d’un concert donné au pied de la Grande Arche de la Défense, dans le cadre du festival Paris Quartier d’été, auquel la formation participa en 1993 et 1994. On peut le voir dans un reportage France 3 de l’époque (archive INA L’Orchestre de Paris à la fortune du lieu ).

L’Orchestre de Paris a goûté plusieurs fois aux charmes ambigus de l’exercice. L’itinéraire de la fête ? Quelques anniversaires, d’abord. Celui de l’Appel du 18 juin, en 1980, au Trocadéro. La célébration de la Statue de la Liberté en 1986, Place Vendôme, avec Jessye Norman dans une robe ahurissante, en direct avec Central Park à New York. Les manifestations du Millénaire, avec l’Orchestre Symphonique de Boston et Seiji Ozawa sur le Champs de Mars devenu immense pique-nique (là où deux ans plus tôt il avait accompagné les trois ténors avec le chef américain James Levine).

Et bien sûr l’investiture de François Mitterrand au Panthéon. Là, les mémoires se rafraîchissent. Au sens propre comme au figuré. Il a plu ce 21 mai 1981. Jouer en extérieur n’est pas seulement une question d’acoustique délicate. C’est d’abord la menace de la pluie sur les instruments en bois dont le vernis est vulnérable. L’Orchestre de Paris a joué à l’Elysée, à Matignon, au Palais-Royal, mais sa participation à la Fête fut irrégulière –et certaines occasions trempées, à l’eau, comme au Sénat en 2004. Jusqu’à ce que l’installation sous la pyramide du Louvre n’offre un bon compromis : pas à l’air libre, mais à ciel ouvert quand même.

L’Orchestre de Paris n’est sûrement pas réfractaire à l’idée de risquer un repli rapide en cas d’averse. Mais peut-être garde t-il dans son "inconscient collectif" le souvenir de son baptême du plein air ? C’était déjà un 21 juin, en 1976, Place de la Concorde. Daniel Barenboim (voulait) diriger la Neuvième Symphonie de Beethoven. Il tombait des hallebardes. Le public énorme avait des parapluies. Les musiciens aussi. Le chœur des imperméables. Il fut impossible de monter sur le podium qui n’avait pas été équipé d’un auvent protecteur. Frustration mémorable.

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