Les 40 ans de l'Orchestre
Fantastic Järvi
Le chef d’orchestre Paavo Järvi prend les rênes de l’Orchestre de Paris en 2010. Il est déjà dans les esprits. "Ça fait plaisir de le revoir !" résume un violoniste lors d’une répétition avant le concert de la Fête de la Musique, sa seule apparition avec l’orchestre pendant cette saison 07-08. Philippe Aïche, le Violon solo, discute avec lui et rêve déjà d’une Symphonie Fantastique sous sa direction. On ébauche, on échafaude, on se projette, évident enthousiasme d’une nouvelle époque à écrire et à jouer.

Paavo Järvi a beau avoir passé la majeure partie de sa vie musicale aux Etats-Unis, son «"background", c’est la Baltique, l’Estonie dont il est originaire. Il en garde la réserve, le sourire sincère et pourtant toujours retenu, qui lui donne un air pince-sans-rire. Sa retenue tient aussi au fait qu’il ne s’exprime pas encore en français. Il s’en excuse. "C’est la dernière fois..." consent-il.

Et il pratique. Détail symbolique d’une installation qui se met en œuvre. Le Premier violon lui souffle la traduction française des numéros de mesure. "-Thirty-five ! ... -Trente-cinq !". Peut-être est-ce pour cela qu’il resserre tous les gestes à la hauteur de son visage. Il parle avec les mains. D’un petit tremblement, il appelle les trompettes à jouer moins fort. Et ses yeux grimpent au plafond comme deux vu-mètres affolés.

On sent Paavo Järvi heureux et parfois époustouflé. On lit sur son visage sa réaction à un solo de hautbois ou de flûte. Un peu plus tard arrive le geste unique, qui dit tout en guise d’appréciation, le pouce levé. Jamais avare de son admiration pour ces qualités instrumentales, discret et spontané, un tact qui convient aux musiciens naturellement moins à l’aise avec les mots qu’avec les gestes.
On sent l’orchestre en phase avec sa philosophie, quand il appelle à une totale liberté de phrasé là ou à l’autonomie d’une mélodie ici. "C’est plus dangereux, mais c’est plus intéressant" affiche t-il.
On sent que chez Paavo Järvi répéter n’est pas planifier. Que le concert réserve ses surprises. Qu’on est en scène, que la musique est vivante. Il a cette capacité à laisser les musiciens s’exprimer, qui lui vaut d’être présenté comme "le cocher" qui contrôle l’attelage sans le retenir. Mais il a la baguette aventureuse et peut pousser son orchestre à risquer l’extrême, l’emballement (dans un final de symphonie, par exemple).

"Cela fait vingt-cinq ans que je dirige professionnellement" souligne t-il, comme pour dire que rien n’est vraiment du hasard ou de la fougue irréfléchie dans sa direction. Directeur musical à Cincinatti depuis sept ans, à la Deutsche Kammerphilharmonie depuis quatre ans, à la radio de Francfort depuis 2 ans. Cette direction-là, l’orchestre semble prêt à la prendre.
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