Les 40 ans de l'Orchestre
Obligations
L’Orchestre de Paris, comme tous les grands orchestres internationaux, est souvent en tournée. L’inviter correspond à une tradition ici, répond à une occasion exceptionnelle ailleurs (l’inauguration d’une nouvelle salle de concerts, comme le Barbican Center à Londres par exemple). L’orchestre a aussi des obligations diplomatiques, comme en 1981, en présence de François Mitterrand et de Madame Thatcher à l’occasion du sommet franco-britannique. L’orchestre a retrouvé le président en 1992 à l’Exposition Universelle de Séville. Il s’en fallut de peu qu’ils se ratent, le directeur musical Semyon Bychkov, après une demi-heure d’attente en pleine chaleur, ayant décidé d’attaquer les extraits de la Symphonie Fantastique sans plus se soucier de son hôte officiel !

Mais de toutes ces péripéties, la plus étonnante restera sans doute la "tournée" en Iran qui eut lieu en avril 1971. Des guillemets sont nécessaires.
Quatre ans plus tôt, en octobre 1967, Mohammad-Réza Pahlavi se couronnait lui-même Shah à Téhéran. Son épouse Farah Diba devenait impératrice. J’étais petit garçon à l’époque et j’enviais, dans le Paris-Match de ma grand-mère, leur héritier, qui avait mon âge, avec sa panoplie impeccable et sa casquette militaire.
C’est dans ce règne fastueux que le Shah décida un jour d’inviter l’Orchestre de Paris et Jean-Pierre Rampal, leur offrant entre les deux concerts une magnifique excursion à Ispahan.
Les mesures de sécurité à Téhéran firent partie intégrante de l’histoire. À la répétition, une fouille attendait les musiciens mais ni le chef d’orchestre Erich Leinsdorf, ni le premier violon Luben Yordanoff ne voulurent s’y soumettre et après une heure de discussions d’ambassade, l’orchestre fut finalement dispensé du contrôle. Un des contrebassistes qui avait quitté l’hôtel en retard et courait dans la rue avec son étui d’archet s’est fait mettre au mur et contrôlé manu militari. La salle fut bouclée pour la durée du concert. Les musiciens entendaient des rondes au-dessus de leur tête pendant la musique. Huit ans après presque jour pour jour, le régime tombait.
Au retour à Paris, Erich Leinsdorf enchaîna plusieurs concerts avec les musiciens donnant les Quatre derniers Lieder de Strauss avec Montserrat Caballé et son Concerto pour hautbois avec le soliste de l’époque, Maurice Bourgue. Il revint diriger encore à quatre reprises jusqu’en 1988. Vingt ans avaient passé quand les musiciens évoquèrent cet étrange voyage avec lui. Leinsdorf s’excusa. Ce n’était pas pour eux qu’il avait accepté cette invitation, mais pour le caviar.
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