Les 40 ans de l'Orchestre
Remboursez!
À ses musiciens-sociétaires mécontents que leur orchestre, la Société des concerts du Conservatoire, ne joue pas assez d’œuvres nouvelles françaises, le chef Philippe Gaubert répondit que ce 5 mars 1933 leurs abonnés avaient demandé à être remboursés refusant d’écouter L’Apprenti Sorcier programmé!

L’époque voyait naître l'Orchestre national de la Radiodiffusion française, orchestre symphonique permanent – institutionnalisé, mais l’ancêtre de l’Orchestre de Paris, était, elle, une simple association. Réputation centenaire mais structure vulnérable, autogérée, où l’on faisait tout soi-même et qui donnait une vingtaine de concerts par saison, le dimanche après-midi. À sa naissance, ses musiciens – issus du Conservatoire de Paris- se partageaient les recettes des concerts. Ça n’avait pas changé dans les années 30.
Mais avec cette période d’avancées techniques, l’activité musicale se transformait. Productions radiophoniques, séances d’enregistrement pour le disque (pour le cinéma aussi : la Société des concerts du Conservatoire a enregistré la B.O. des Enfants du Paradis de Marcel Carné produit en 1944), tournées en France et à l’étranger... le travail était devenu un plein-temps, la musique adoptait des critères d’exigence nouveaux. La Société des concerts du Conservatoire avait au départ ses propres chefs et un comité pour sélectionner les œuvres à jouer (les partitions étaient encore fraîches et l’on prenait les compositeurs à l’essai!), mais, de plus en plus, les chefs invités choisissaient eux-mêmes leurs programmes et le répertoire symphonique constitué prenait le pas sur la création. L’organisation du travail artistique elle-même changeait.

En se muant en Orchestre de Paris, la Société perdit son S majuscule pour ressembler à une société dont les salariés-musiciens pourraient travailler sur la base de la pérennité. Une structure administrative fut mise en place, une subvention garantie (qui favorisait la liberté de programmation), l’autorité du directeur de l’orchestre affirmée, le nombre de répétitions augmenté, l’exclusivité des musiciens requise et des contrôles de qualité institués. C’était un peu une révolution. Il s’agissait d’ancrer la musique en France. L’Orchestre de Paris préfigurait ce qui allait se passer partout dans le pays avec la mutation des formations locales de radio en Orchestres de Région. Ce qui s’effectua dans ces années 60, reflétant la tendance visible déjà avant-guerre, on l’appellerait aujourd’hui une importante mise à jour.

Christian Leblé
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