Les 40 ans de l'Orchestre
Devinette
C’est une des œuvres emblématiques du répertoire français. Les plus anciens disent l’avoir jouée 600 fois au moins. Plusieurs centaines serait sûrement plus raisonnable. Mais si l’on s’en offusque ou qu’on croit au canular, c’est qu’à Paris l’orchestre la programme finalement peu. L’un des jeunes solistes, arrivé il y a six ans, disait ne l’avoir jamais jouée dans le cadre des concerts hebdomadaires de la saison. En revanche, dans les tournées, elle revient presque toujours sur le pupitre, les publics étrangers la réclament.

Historiquement, c’est la Société des Concerts du Conservatoire, l’ancêtre de l’Orchestre de Paris, qui la créa en décembre 1830 sous la direction de son fondateur François-Antoine Habeneck. Mais la partition, révolutionnaire, fut remaniée et la version définitive date de 1845.

Elle a été enregistrée par presque tous les directeurs musicaux de l’Orchestre de Paris - Charles Munch, grand défenseur de la musique française, le premier- et constitue une sorte de fil rouge dans son histoire. Les sessions avec Munch eurent lieu en octobre 1967 Salle Wagram juste dans la transition entre la Société des Concerts et l’Orchestre de Paris, car le disque devait être prêt pour le 14 novembre 1967, date de la première apparition publique du nouvel orchestre. Les rééditions en CD de l’enregistrement EMI porte donc parfois le nom de l’ancienne formation, parfois le label Orchestre de Paris.

En juin 1970, Herbert von Karajan s’enregistra sur film dans les studios Eclairs d’Epinay sur Seine, là où furent tournées la Kermesse Héroïque, la Grande Illusion... Je dis « s’enregistra », car le chef est omniprésent, l’image est focalisée sur lui, sur son regard clos, ses gestes osseux qui font penser à Schiele. Un jeune musicien nommé Christoph Eschenbach assistait aux répétitions...

En 1978, Daniel Barenboim l’enregistra à son tour. Puis Semyon Bychkov en 1993. Et enfin Christoph Eschenbach, devenu directeur musical en 2000 : pour l’image en 2001 et au disque en 2002. « Je pourrais la jouer tous les soirs » confie t-il. L’occasion ne s’est pas offerte si souvent pourtant. C’est la première fois depuis sa nomination que les musiciens la donneront avec lui au Japon, dans cette tournée 2007, cette musique à idée fixe, avec ses réminiscences hachées, son élégance harpée, ses références pastorales à Beethoven, son âpreté, ses cloches en coulisses, sa longueur imposante, son effectif intimidant.

Entre eux, les musiciens disent la Siphonnée fantastique.

Christian Leblé
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