Les 40 ans de l'Orchestre
Un chef se met au piano
Christoph Eschenbach et ses quatre partenaires du Quintette pour piano, hautbois, clarinette, basson et cor de Mozart répètent dans la quasi-obscurité. La lumière ne dessine que le centre de la scène. C’est l’oreille plus que l’œil qui relève leur présence. L’effectif est réduit, intime, plus de geste à suivre, plus de baguette, le chef d’orchestre Christoph Eschenbach redevient pianiste. Comme Daniel Barenboim, qui inaugura au clavier les concerts de musique de chambre de l’Orchestre de Paris. À l’époque, Daniel Barenboim menait véritablement une double carrière de soliste et de chef et c’était la première fois que l’orchestre vivait cette situation –seul parmi les précédents directeurs musicaux Sir Georg Solti était pianiste, mais plus à l’époque où il vint travailler à Paris. En quarante ans, cette situation ne s’est présentée que deux fois.
À l’époque aussi, il existait un quatuor à cordes de l’Orchestre de Paris, il y avait eu quelques concerts de musique de chambre dans les premières saisons mais plus rien depuis 1972.

Le 18 janvier 1980, c’est le flûtiste Michel Debost et le violoncelliste Albert Tétard qui furent les premiers à jouer avec Daniel Barenboim. Trio de Carl-Maria von Weber que suivirent ce soir-là le trio de Brahms pour cor, piano et violon et un quintette de Mozart.
Michel Debost a quitté l’Orchestre de Paris il y a dix-huit ans. Le souvenir du concert n’est plus très précis. "Je me souviens moins des dates que des atmosphères... Daniel Barenboim avait une disponibilité extraordinaire, il déchiffrait n’importe quoi avec aisance. Avec lui il n’était pas tellement important de beaucoup répéter, la musique de chambre était une chose spontanée. La première fois que je m’en étais rendu compte je n’avais que vingt ans, Daniel Barenboim dix, nous étions à Salzbourg, lui suivait un stage de direction d’orchestre... À Paris, quand il s’est aperçu qu’il y avait des musiciens intéressés par la musique de chambre, il a trouvé naturel de les y associer." Daniel Barenboim allait jusqu’à accompagner les chœurs de l’orchestre, pour souligner l’importance de leur création, mais aussi par envie de musique. La présence du chef n’est pas de rigueur en musique de chambre et l’on invite à l’occasion un autre pianiste, mais qu’il s’y mêle prend toujours une signification particulière. La hiérarchie s’efface derrière l’appétit.

Christian Leblé
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