Les 40 ans de l'Orchestre
Boulez est revenu
Le 5 janvier 1976, Pierre Boulez dirigeait pour la première fois l’Orchestre de Paris. Le Président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, était là, au Palais des Congrès. On revenait de loin. Boulez de New-York. L’Etat français d’une brouille qui durait avec lui depuis presque une décennie et dans laquelle l’Orchestre de Paris, malheureusement, occupait une place centrale.

En 1966, dans la mise en œuvre de sa politique culturelle, André Malraux avait sollicité Pierre Boulez sur la réorganisation de la vie musicale pour ne suivre finalement aucune de ses recommandations. Boulez proposait notamment de fondre les cinq formations musicales parisiennes – l’orchestre de l’Opéra de Paris et les grandes associations (Lamoureux, Pasdeloup, Colonne et la Société des concerts du Conservatoire) - en un grand pool. Au lieu de quoi Malraux nomma comme directeur de la musique Marcel Landowski qui défendait l’option opposée : la création d’une nouvelle formation, l’Orchestre de Paris.
Boulez exprima sa colère dans le Nouvel Observateur et son article "Pourquoi je dis non à Malraux" signifiait que dorénavant il ne voulait plus rien avoir à faire avec la vie musicale française. Les dix années suivantes se dérouleraient pour lui à la BBC et à la tête du New York Philharmonic Orchestra.

Quelle aurait été l’histoire de l’Orchestre de Paris si au lieu du vieux lion Charles Munch puis des dieux Karajan et Solti, la formation avait été confiée au jeune loup Pierre Boulez...
En 1972, cependant, un réchauffement s’annonçait avec la création de l’IRCAM, institut de recherche musicale dont le compositeur prenait la tête. Mais un autre facteur fut déterminant pour cette réconciliation avec l’orchestre.

Janvier 1976, l’Orchestre de Paris faisait sa première saison avec son nouveau et jeune directeur musical. Daniel Barenboim avait joué pour la première fois sous la direction de Boulez en 1964 à Berlin (1er Concerto pour piano de Bartók), puis à Paris au Domaine Musical (Kammerkonzert de Berg). Les deux hommes sont liés depuis par une indéfectible affinité, qui contribuera beaucoup à l’orientation contemporaine de l’orchestre, avec notamment la création du projet original de concerts associant l’Orchestre de Paris et l’Ensemble InterContemporain.
Ce 5 janvier 1976, Daniel Barenboim est le soliste du 5ème Concerto pour piano de Beethoven et Boulez dirige en seconde partie l’Oiseau de Feu de Stravinski. C’est la version intégrale du ballet, rarement entendue, le signe d’une appréciation très spécifique des oeuvres. En Boulez, il n’y a pas à opposer le compositeur et le chef d’orchestre. Le second doit tout au premier. La liaison faite avec l’Orchestre de Paris, Boulez reviendra en décembre de la même année, puis trois fois en 1977. Le siècle abordait son dernier quart. L’idée d’une " musique du XXe siècle" s’était forgée, restait à la défendre. C’est le credo du chef-compositeur, qui y a consacré sa vie.

Christian Leblé
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