Les 40 ans de l'Orchestre
Normalisation
L’Orchestre de Paris s’envole pour sa deuxième tournée en Chine. La première eut lieu tout récemment, à l’automne 2004. C’était le grand boum des années France-Chine, un vaste programme d’échanges croisés aux invitations réciproques : l’orchestre baroque Les Arts Florissants, les chorégraphes Philippe Decouflé ou Angelin Preljocaj, jusqu’à Jean-Michel Jarre et la Patrouille de France mais aussi l’Institut Pasteur, le cinéma... beaucoup purent ainsi en être!

Avec Marc-André Dalbavie, à l’époque son compositeur en résidence, l’Orchestre de Paris avait imaginé plus qu’une simple visite pour l’occasion : l’année précédente, une vingtaine de musiciens de l’Orchestre National de Chine avaient participé au Théâtre Mogador à la création de Double Jeu. Cette œuvre pour ensemble mixte - instruments classiques chinois et occidentaux - et soprano, sur des textes d’Ezra Pound, serait reprise à Pékin, au début d’une tournée qui compta quatre étapes. À Pékin, un premier concert présentait une pièce du compositeur sino-américain Bright Sheng (auteur aussi d’un opéra sur Madame Mao, commandé par l’Opéra de Santa Fe!) dont le soliste était la flûte solo de l’Orchestre de Paris, Vincent Lucas, le concerto L'arbre des songes d’Henri Dutilleux défendu par Renaud Capuçon et trois partitions de Ravel. Le second associait Double Jeu et la Symphonie fantastique. Le premier programme était repris à Shanghai, puis Canton et Hongkong. Un troisième programme, pour Canton, proposait la 5ème Symphonie de Beethoven, le Carnaval romain de Berlioz et le Deuxième concerto pour violon de Mendelssohn.

En comparaison avec la tournée 2007, on pourrait dire qu’il s’agissait d’une présence diplomatique, qui mettait en évidence la culture française, compositeurs et solistes. Celle qui commence embarque Lang Lang et présente Beethoven, Tchaïkovski, Mahler, Mozart... des stars, des standards. La Chine intègre, comme le Japon il y a trente ans, le circuit des tournées internationales de concert.

Inutile de parler de retard, mais mesurer le décalage est intéressant. La musique occidentale se développa en Chine depuis Shanghai, la ville des concessions internationales. En 1927 y fut fondé le premier conservatoire du pays, ses professeurs étaient tous des étrangers. En 1937, avec leur départ prudent quand éclata la guerre contre le Japon, cet essor fut stoppé net. La seconde guerre mondiale puis la Révolution repoussèrent à 1956 la création d’un orchestre national. La démarche, commune à tous les pays communistes, était moins culturelle que symphonico-patriotique. C’est dans les années 70 que l’ouverture et l’évolution se manifestèrent. En 1973, par l’entremise d’Henry Kissinger, l’Orchestre de Philadelphie fut la première formation occidentale à jouer en République Populaire de Chine. En 1979, l’Orchestre National de Lyon s’y rendait à son tour, premier européen. André Cazalet, cor solo à l’Orchestre de Paris, tient de collègues lyonnais qu’à l’époque les enfants surpris par leur visage voulaient les toucher...

Christian Leblé
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